Published On: 6 mai 2026

On discute des sujets qui animent le paddock MXGP en ce début de saison avec Joël Smets. Le quintuple champion du monde de motocross gère l’équipe officielle KTM sur le mondial et veille à ce titre à la destinée de plusieurs des hommes en vues des classes MXGP et MX2, dont nos compatriotes Lucas et Sacha Coenen ou encore le champion du monde MX2 en titre Simon Längenfelder.

Tu viens du BMX. Le jeune Joël Smets aurait-il été attiré par le motocross électrique aujourd’hui ?

Joël Smets : Oui, très probablement. Les jeunes générations sont aujourd’hui beaucoup plus ouvertes à l’électrique. Mais il faut faire une distinction importante : il y a l’utilisation fonctionnelle d’un véhicule et il y a le sport. Dans le sport, l’aspect mécanique et technique fait aussi partie de la passion.

Mais en termes de sensations pures, c’est très comparable. Le plaisir de réussir un virage parfaitement est le même, que ce soit avec une moto électrique ou thermique. Beaucoup de sceptiques changeraient d’avis après avoir essayé.


Comment juges-tu le début de saison d’Andrea Adamo ?

Joël Smets : C’est plutôt positif dans l’ensemble. Les résultats ne reflètent pas toujours son véritable niveau, principalement à cause de plusieurs erreurs importantes. On l’a vu en Sardaigne, à Arco ou encore en Suisse, où il a perdu de gros points.

Il ne faut pas oublier que son passage en MXGP est arrivé plus tôt que prévu. L’objectif principal cette saison n’est pas forcément le titre, mais l’apprentissage et l’adaptation à la catégorie. Et sur ces aspects, il progresse bien. Sa vitesse est là, c’est encourageant.


Le départ de Jeffrey Herlings a-t-il changé quelque chose dans l’équipe ?

Joël Smets : Non, pas vraiment. Le fonctionnement de l’équipe reste identique. Chaque pilote reçoit le même soutien, le même matériel et les mêmes ressources.

Bien sûr, Herlings est un pilote avec énormément d’expérience et un style particulier, ce qui apporte toujours quelque chose à une équipe. Mais dans notre organisation, cela ne change pas fondamentalement notre manière de travailler. On apprend de chaque pilote, mais la structure reste stable.


On parle beaucoup d’un possible départ des frères Coenen vers les États-Unis. Quelle est ta position ?

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Joël Smets : C’est une décision qui appartient entièrement aux pilotes. On a vu avec des exemples comme Jeffrey Herlings ou Jorge Prado que ce type de choix dépend du moment dans la carrière et de la maturité du pilote.

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Les raisons sont connues : le Supercross, les opportunités financières, une autre dimension de carrière… Mais chez KTM, on ne force jamais ce genre de décision. Si le pilote ne le souhaite pas, cela ne se fera pas.


Le style de Sacha Coenen impressionne, mais il prend parfois beaucoup de risques. Qu’en penses-tu ?

Joël Smets : Gérer une avance est beaucoup plus compliqué qu’il n’y paraît. C’est quelque chose que j’ai moi-même expérimenté durant ma carrière. Quand j’étais en tête, j’avais tendance à continuer à attaquer pour rester concentré et garder mon rythme.

D’autres pilotes, comme Stefan Everts, avaient cette capacité à parfaitement contrôler une course et à gérer leur avance. C’est vraiment une question de caractère et de style de pilotage.

Certains pilotes sont plus à l’aise en attaquant qu’en contrôlant, même si cela implique plus de risques. Mais cela s’apprend avec le temps. Et Sacha montre déjà des progrès dans ce domaine, notamment lors de certaines courses récentes comme à Arco.


Simon Längenfelder semble très sûr de lui cette saison. Est-ce un avantage ou un risque ?

Joël Smets : Il a clairement franchi un cap en termes de maturité après son titre en MX2. Cette confiance est évidemment une force.

Mais elle peut aussi devenir un piège. Il veut prouver qu’il mérite son statut de champion et viser un nouveau titre. En même temps, la concurrence est très relevée, notamment avec des pilotes comme Sacha Coenen, ce qui peut parfois ramener à la réalité.

À ce niveau, il ne faut jamais rien considérer comme acquis.

Texte: Tom Jacobs