Dans les paddocks de l’AMPL, ils sont devenus des visages incontournables. Nathalie Brisack, doyenne de la catégorie Ladies, et son mari Luc Godeau partagent bien plus qu’une vie de famille : ils vivent leur passion du motocross ensemble, week-end après week-end. Entre complicité, détermination et anecdotes mémorables, ils nous racontent leur histoire.
Pouvez-vous vous présenter ?
Luc Godeau : Je suis né en 1967. Menuisier de formation, je travaille aujourd’hui comme assistant manager chez Walagri. Je suis le plus jeune d’une famille de quatre enfants. J’ai débuté le motocross à 20 ans à la BVM en catégorie Débutants 125cc.
Nathalie Brisack : Je suis née en 1977. Électromécanicienne de formation, je suis actuellement directrice technique et commerciale aux Ateliers Jean Regniers. J’ai pris ma première licence de motocross à l’âge de 40 ans. Depuis toujours, nous sommes tous les deux passionnés par ce sport.
Quelles sont les motos qui vous accompagnent cette saison ?
Luc est resté fidèle à Kawasaki pendant toute sa carrière et a toujours eu un faible pour les moteurs 2 temps. Cette saison, il a toutefois franchi un cap en roulant sur une KXF 250 4 temps.
Nathalie a débuté sur une KX125 de 2001. Après une saison passée sur une SXF250, elle évolue aujourd’hui sur une SX150, une moto qu’elle considère comme parfaitement adaptée à son style de pilotage.
Comment l’aventure motocross a-t-elle commencé ?
Pour Luc, tout débute à l’âge de 20 ans. Après des années passées à bricoler des motos avec ses frères et ses amis et à rouler dans les champs, il décide de se lancer en compétition. Sa première course se déroule sur le mythique circuit de Ronquières. L’année suivante, il prend sa première licence, soutenu sans relâche par son père qui l’accompagnera sur tous les motocross.
Nathalie, quant à elle, a toujours baigné dans cet univers. Son père puis son frère pratiquaient déjà le motocross. À l’époque pourtant, on lui répétait souvent que ce sport « n’était pas pour les filles ». Elle rencontre Luc à la BVM et le couple se forme en 1994.
Quelques années plus tard, Nathalie participe à quelques courses en non-licenciée grâce à une Kawasaki offerte par Luc. Puis viennent les enfants : trois garçons nés en 1999, 2001 et 2003. Pendant plusieurs années, le motocross passe au second plan afin de se consacrer pleinement à leur famille.
Lorsque les catégories féminines commencent à se développer, l’envie de reprendre devient de plus en plus forte. Après le décès prématuré de sa maman, Nathalie décide de réaliser ses rêves et prend sa première licence à 40 ans. Luc, d’abord simple accompagnateur, retrouve rapidement lui aussi le goût de la compétition. Dès la deuxième saison, il reprend une licence et l’aventure repart de plus belle.
Comment avez-vous préparé la saison 2026 ?
Pour Luc, l’hiver reste synonyme de plaisir avant tout. Il ne suit pas de programme d’entraînement particulier et roule simplement pour le plaisir.
Nathalie profite généralement de cette période pour récupérer des petites blessures accumulées durant la saison. Les conditions hivernales belges compliquent souvent les entraînements. L’hiver 2025-2026 a d’ailleurs été particulier pour le couple : Luc revenait d’une longue blessure tandis que Nathalie, après plusieurs opérations, n’a pu remonter sur sa moto que quinze jours avant la première épreuve.
Le seul véritable sujet de tension dans le couple ? Le choix de la marque de la moto de Nathalie !
Quels sont vos points forts et vos points faibles ?
Luc : « Mon point fort a longtemps été le départ. Depuis mon passage au 4 temps, c’est devenu plus compliqué. Mon principal point faible reste probablement le mental. À presque 59 ans, on n’a plus tout à fait la même fougue qu’à 20 ans. »
Nathalie : « Mon point fort est clairement ma combativité. Je ne lâche jamais facilement. Mon point faible, c’est que je ne suis jamais vraiment satisfaite de moi-même. »
Quels objectifs vous êtes-vous fixés ?
Pour Luc, l’objectif reste simple : prendre du plaisir tout en retrouvant les circuits naturels qu’il affectionne particulièrement au sein de l’AMPL.
Nathalie, après une surprenante troisième place au championnat en 2025, vise désormais un Top 5 cette saison. Elle nourrit également un objectif symbolique : être encore derrière une grille de départ en 2027 pour célébrer ses 50 ans sur une moto.
Elle roule également occasionnellement en catégorie Experts : « Le but est avant tout de prendre du plaisir et de rouler sur des terrains plus défoncés afin de conserver la condition physique. »
Quant à une éventuelle rivalité avec Luc, la réponse fait sourire : « Je le dépasse seulement quand il mange la terre… généralement au premier tour de la première manche ! »
Vos circuits préférés à l’AMPL ?
Pour sa première saison complète à l’AMPL, Luc découvre encore plusieurs circuits. Son coup de cœur actuel va à Haid-Haversin, même s’il garde également un excellent souvenir de Gérouville et apprécie particulièrement les nombreux sauts de Lierneux.
Nathalie, de son côté, regrette l’annulation de Blaimont cette saison. Elle affectionne particulièrement les circuits en prairie et les dévers naturels comme Bercheux ou Tenneville.
Une anecdote marquante à partager ?
Luc se souvient d’une journée mémorable. Après une nuit passée aux urgences avec un enfant malade, il se présente malgré tout au départ d’une course disputée sous un orage diluvien. Contre toute attente, il réalise le holeshot devant Georges Jobé. Une image d’autant plus marquante que le champion belge portait ce jour-là une splendide tenue blanche. Après la course, Jobé viendra demander à Luc un peu d’eau… pour nettoyer sa moto !
Pour Nathalie, l’un des plus beaux souvenirs reste sa participation à la Chinelle en 2005. Sans préparation particulière, elle rejoint une équipe 100 % féminine composée de Vincenza Capizzi et Natacha Decendre. L’aventure se conclut par une remise des prix assurée par le regretté Joël Robert, un souvenir gravé à jamais.
Le couple partage également un souvenir commun exceptionnel : une participation à la Chinelle avec une simple KTM 125cc. Venus uniquement pour le plaisir, ils décrochent finalement une incroyable troisième place en catégorie Nationaux -175cc.
Des remerciements à adresser ?
Luc et Nathalie souhaitent remercier avant tout leurs trois enfants pour leur aide précieuse chaque week-end de course, ainsi que leur famille et leurs amis qui les soutiennent tout au long de l’année. Luc a également une pensée émue pour ses parents, disparus tous les deux en 2025, qui l’ont toujours encouragé à vivre sa passion et l’ont accompagné sur les circuits pendant de nombreuses années.
Nathalie remercie sa famille, ses amis ainsi que sa plus fidèle supportrice : sa marraine. Enfin, ils tiennent à remercier leurs partenaires, le Team Defraine et Le Relais à Écaussinnes, pour leur soutien précieux.
Texte & photos : Angélique Bouille













