Published On: 15 juillet 2026

Après une série infernale de six Grands Prix disputés en seulement sept semainesv, le championnat MXGP a enfin pris une petite pause le week-end dernier. De la France à l’Afrique du Sud, en passant par l’Allemagne, la Lettonie, l’Italie et le Portugal, les organismes ont été mis à rude épreuve. Dans le neuvième épisode du podcast officiel MXGP, Paul Malin et l’ancien pilote US Jason Thomas dressent le bilan de cette première partie de saison et analysent les tendances fortes avant la seconde moitié du championnat. Et un constat s’impose : Lucas Coenen en MXGP et Guillaume Farres en MX2 ont changé de dimension.

En MXGP, Lucas Coenen continue d’impressionner. Le pilote belge a profité de la tournée européenne puis sud-africaine pour creuser un écart conséquent au championnat. Après 11 manches, le pilote KTM compte désormais 68 points d’avance sur Jeffrey Herlings, alors que les deux hommes semblaient encore presque au coude-à-coude quelques semaines plus tôt.

Depuis le Grand Prix de France, Coenen affiche une régularité remarquable : deuxième du classement général à deux reprises, puis vainqueur des trois derniers Grands Prix disputés. En Afrique du Sud, il a décroché sa 21e victoire en Grand Prix et sa 50e victoire de manche, confirmant une saison exceptionnelle avec déjà 13 victoires en course.

Pour Jason Thomas, cette domination ne doit rien au hasard. « Lucas réalise un championnat presque parfait jusqu’ici. Les départs ont été une énorme partie de l’histoire. Il rend les choses beaucoup plus faciles pour lui parce qu’il n’a pas besoin de remonter depuis le milieu du peloton. »
L’ancien pilote américain insiste aussi sur la maturité affichée par le jeune Belge, pourtant seulement âgé de 19 ans.

« Ce qui est remarquable, c’est qu’on ne voit pas son manque d’expérience. Il a tellement de sang-froid pour un pilote de 19 ans. Il contrôle les courses depuis l’avant face à quelqu’un comme Jeffrey Herlings, qui peut être absolument dominant. »

Mais derrière les chiffres, Thomas rappelle que le championnat est peut-être plus serré que ne le laisse penser l’écart au classement.

« Le championnat sur le papier semble très différent de ce que l’on voit en piste. Si on enlève les abandons et les problèmes mécaniques, on parlerait probablement d’un écart de 10 ou 12 points, pas de 68. » Car lorsqu’on regarde uniquement les performances en course, Lucas Coenen et Jeffrey Herlings sont quasiment inséparables. Sur les six dernières manches disputées, le Belge a marqué 137 points, contre 138 pour Herlings.

La différence s’est surtout construite lors des manches qualificatives et sur les incidents de course. Lucas a marqué 95 points le samedi contre seulement 66 pour son rival néerlandais depuis le début de saison. « On ne vit pas dans un monde de “si”, de “peut-être” ou de “il aurait dû”. Les faits sont là : l’écart est de 68 points et Jeffrey doit maintenant revenir », rappelle Paul Malin.

Pour autant, Thomas refuse de considérer le championnat comme joué. « Une panne, une grosse chute, un incident au premier virage… une seule chose peut complètement changer la dynamique. C’est pour cela que je considère encore ce championnat comme très ouvert sportivement. »

Herlings toujours dangereux, mais condamné à attaquer

En Afrique du Sud, Jeffrey Herlings a une nouvelle fois montré qu’il était capable de rivaliser avec Lucas Coenen. Dans la première manche, alors que l’écart semblait stabilisé autour de quatre secondes, le Néerlandais a commencé à hausser le rythme. « On sentait que l’attaque arrivait », explique Paul Malin. « Il venait de signer le meilleur tour, il était en train de revenir. »
Mais une petite erreur dans une section de saut a mis fin à son offensive.

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Pour Thomas, cette situation résume parfaitement le duel actuel. « Lucas ne laisse pas beaucoup d’espace pour les erreurs. Il met tellement de pression que Jeffrey doit être parfait chaque week-end. Sur une saison entière, cela finit forcément par jouer. » Le consultant estime toutefois que Herlings n’a pas perdu son niveau. « Ces deux pilotes sont simplement sur une autre planète actuellement. Lucas est dans la meilleure forme de sa carrière et Jeffrey est probablement revenu à son meilleur niveau. »

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Febvre retrouve des couleurs

Derrière le duo infernal, Romain Febvre semble enfin retrouver une dynamique positive. Le champion du monde en titre reste sur trois podiums consécutifs, tous terminés à la troisième place Une progression importante après une première moitié de saison compliquée. Pour Jason Thomas, le problème n’est peut-être pas que Febvre a régressé, mais plutôt que ses deux principaux adversaires ont franchi un nouveau cap. « Je me demande parfois si Romain roule réellement moins vite que l’an dernier. Peut-être que Lucas a simplement fait un nouveau pas en avant et que Jeffrey est tellement meilleur qu’avant qu’ils ont placé la barre plus haut. »

Avec 123 points de retard sur Lucas Coenen, Febvre semble désormais viser davantage les victoires de manches et les podiums réguliers que le titre mondial.

Guillem Farres : le nouveau patron du MX2 ?

Si la situation est passionnante en MXGP, elle l’est peut-être encore davantage en MX2. En quelques semaines, Guillem Farres a complètement relancé un championnat qui semblait promis à Sacha Coenen. Avant le Grand Prix du Portugal, le Belge comptait 41 points d’avance sur le Français. Après deux victoires consécutives de Farres, l’écart est tombé à seulement 14 points.

Et la manière impressionne encore davantage que les résultats. Au Portugal, Farres avait remporté les trois manches du week-end. En Afrique du Sud, il a encore dominé avec un nouveau doublé.

« J’ai dit ouvertement qu’il était probablement le meilleur pilote du paddock ce week-end-là, MX2 et  MXGP confondus », explique Jason Thomas à propos du Portugal. « La façon dont il roulait était impressionnante. Il semblait tellement facile, tellement calme et confiant. » Pour JT, Farres est devenu une véritable menace pour le titre. « Les départs sont là, la condition physique est là, la confiance est probablement plus élevée que jamais. Si j’étais Sacha Coenen, je serais préoccupé par cette dynamique. »

Le seul point d’inquiétude concerne désormais le leader du championnat. Sacha Coenen reste rapide, mais certaines erreurs pourraient lui coûter cher. Thomas revient notamment sur sa grosse chute en deuxième manche en Afrique du Sud. « Ce genre de crash doit disparaître si tu veux gagner un championnat. Il aurait pu casser la moto ou se blesser sérieusement. »
Même s’il conserve la plaque rouge, Coenen semble désormais être celui qui doit réagir.

« Aujourd’hui, Sacha mène encore le championnat, mais on n’a pas l’impression qu’il le contrôle. On a plutôt le sentiment que Farres est celui qui a pris le dessus. »

Entretemps, la récente blessure de Coenen à Southwick change évidemment encore la donne, notre compatriote n’étant pas encore certain de disputer le GP de Foxhills, en Grande-Bretagne, ce week-end. Ce qui lui coûterait presque inévitablement le leadership du provisoire MX2.