Présent à l’EICMA de Milan, ZXMOTO a officiellement dévoilé son premier projet en MXGP, avec JM Racing comme équipe officielle et Kevin Horgmo et Oriol Oliver comme pilotes. MXMag a rencontré le patron de l’équipe, Jacky Martens, pour un entretien exclusif. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les ambitions du constructeur chinois et de son partenaire belge sont élevées !
À 63 ans, Jacky Martens connaît bien les grands moments de l’histoire du motocross. En 1993, il avait décroché le titre mondial 500cc au guidon d’une Husqvarna quatre-temps, devenant le premier champion du monde de l’ère moderne du quatre-temps, après près de trente ans sans titre mondial pour cette technologie.
Aujourd’hui, une nouvelle aventure commence avec HLA ZXMOTO JM Racing Factory. C’est désormais le nom officiel complet de l’équipe belge, qui accueille également HLA Group (Ndlr : la plus grande chaîne chinoise de vêtements pour hommes) comme sponsor titre.
Un titre mondial MXGP à l’horizon 2030
En tant qu’équipe officielle KTM, JM Racing a remporté quatre titres mondiaux en MX3 avec Yves Demaria (2004, 2005 et 2006) et Sven Breugelmans (2008). L’équipe a également connu de beaux succès en MX2, notamment avec Thomas Kjer Olsen, Romain Febvre et Thomas Covington.
À cela s’ajoutent plusieurs titres mondiaux chez les jeunes en 125cc avec Joël Roelants (2006), Jordi Tixier (2010) et Pauls Jonass (2013), ainsi que des titres européens avec Valentin Teillet (EMX250, 2008), Tixier (EMX125, 2010) et Jonass (EMX125, 2013).
Plus de trente ans après son propre sacre mondial, Jacky Martens s’apprête donc à relever un nouveau défi de pionnier. Avec ZXMOTO, JM Racing devient la première équipe MXGP déjà bien établie à s’associer à un constructeur chinois.
Dès cette première saison, l’objectif sera de se faire remarquer avec des holeshots, une moto fiable et quelques performances marquantes. À l’horizon 2030, ZXMOTO vise des titres mondiaux en MXGP, en Superbike et au Dakar. Bref, aucune pression !
Tu travailles actuellement sur deux fronts : la mise au point de la moto de série et le développement de la machine de course. Cette dernière est-elle très différente du modèle de série ?
Jacky Martens : « Non, la base est prête. Il ne reste que quelques petites évolutions à apporter : davantage de puissance, évidemment, ainsi que des radiateurs plus grands pour les conditions de forte chaleur. Nous ne les utiliserons pas en temps normal, uniquement lorsqu’il fera extrêmement chaud ou lors de courses particulièrement difficiles. C’est pratiquement la seule différence. Pour le reste, la moto reste assez proche de la série, car sa base est vraiment excellente.
Nous adaptons la puissance aux préférences du pilote : certains veulent beaucoup de puissance à bas régime, d’autres préfèrent en avoir davantage dans les tours. Nous suivons simplement leurs demandes. »
Le plus gros du travail semble donc déjà derrière vous. Il reste maintenant à affiner les réglages avec les pilotes. Es-tu surpris que les choses soient allées aussi vite ou ZXMOTO a-t-il pu s’appuyer sur le travail déjà réalisé avec son moteur 450 pour le rallye-raid ?
Martens : « Non. Au départ, tout était nouveau et le moteur avait simplement besoin d’attention. Chez les autres constructeurs, ces évolutions représentent des années de développement. Nous avons dû appliquer tout ce travail directement à cette moto.
En termes de composants, la qualité est excellente, de la boîte de vitesses au cadre, en passant par les suspensions KYB. Tout ce qui entre dans la fabrication de cette moto est de très bonne qualité. Il restait simplement quelques détails à faire évoluer.
Par exemple, les nouvelles motos doivent produire moins de décibels et il faut éviter toute surchauffe du moteur. Nous avons dû intégrer toutes les contraintes imposées ces dernières années, ce qui n’est pas si simple.
Nous avons la chance d’avoir déjà vécu toutes ces étapes avec les différentes marques avec lesquelles nous avons travaillé. Chaque constructeur a son propre caractère, sa propre philosophie de la moto de cross. Chacun essaie d’intégrer les meilleurs composants à sa machine, mais tout le monde le fait à sa manière. »
Normalement, ce genre de développement prend plusieurs années.
Martens : « En temps normal, il faut des années de recherche et d’expérience. C’est un processus qui prend énormément de temps. Une moto reste longtemps sur les planches à dessin et il faut parfois trois ou quatre ans avant qu’elle soit commercialisée. Ensuite, elle continue généralement à être développée en Grand Prix, avant que la version définitive soit mise en production l’année suivante.
La ZXMOTO a été présentée à l’EICMA l’année dernière et elle entre déjà en production. Les délais sont extrêmement courts, aussi bien pour la moto de série que pour notre version destinée au MXGP. C’est une étape énorme.
Le fait d’avoir toujours travaillé en étroite collaboration avec les départements R&D nous a permis d’avancer aussi rapidement. J’ai toujours participé à la création de prototypes et à la résolution de problèmes. Nous savons donc de quoi nous parlons.
En quarante ans de carrière, j’ai travaillé environ vingt ans chez KTM, deux ou trois ans chez Husaberg et cinq ans chez Husqvarna. J’ai connu l’époque du deux-temps et celle du quatre-temps, toujours en collaboration avec les équipes de recherche et développement.
Lorsqu’on a traversé toutes ces étapes, on comprend beaucoup mieux les choses et on sait rapidement comment réagir aux problèmes qui se présentent. Je ne prétends pas tout savoir, mais nous disposons d’une solide expérience. Nous avons pu la mettre à profit aujourd’hui et j’en suis assez fier. »
Accessible et légère
Quel est l’objectif principal pour la moto de série ?
Martens : « Beaucoup de regards sont désormais tournés vers ZXMOTO. Nous n’avons donc pas droit à l’erreur. C’est pourquoi nous allons effectuer au moins 50 à 75 heures de roulage avec la moto en trois ou quatre semaines.
Notre objectif est de proposer une machine prête à courir dès sa sortie, et accessible à tous ceux qui sont passionnés de motocross. Si l’on peut acheter une 450 ZXMOTO aux alentours de 7.000 euros, cela reste abordable. Les pièces détachées sont également très accessibles financièrement.
Nous voulons permettre à ceux qui aiment rouler à moto de continuer à pratiquer leur passion. Le motocross doit devenir beaucoup plus abordable.
La moto que nous avons testée jusqu’à présent a déjà accumulé de nombreuses heures sans rencontrer de problème. Elle devrait arriver dans les magasins européens en mars-avril. »
« Avec ZXMOTO, nous avons pu conclure un accord intéressant qui nous permet de faire notre travail dans de bonnes conditions. »
Comment situes-tu ses performances par rapport aux concurrentes japonaises ?
Martens : « Elles sont comparables. Pour le moment, je travaille uniquement sur le projet 450 destiné au MXGP. La 250 viendra ensuite. On ne peut pas tout faire en même temps, il faut avancer étape par étape.
Techniquement, la moto est très bien née et, dans sa configuration actuelle, c’est vraiment une excellente machine pour le pilote amateur. En Grand Prix, nous adaptons naturellement son caractère aux préférences de chaque pilote, car chacun recherche des sensations différentes et a ses propres attentes.
La Fantic avec laquelle nous travaillions l’année dernière disposait ainsi d’une puissance énorme, alors que la Honda que nous utilisions auparavant était moins puissante. »
Quel échappement allez-vous utiliser ?
Martens : « Ce n’est pas encore définitivement décidé, mais nous avons déjà beaucoup travaillé avec Termignoni. Ils ont évidemment l’expérience nécessaire, même s’ils ont été absents du motocross pendant un certain temps. Il nous reste donc pas mal de tests à effectuer.
Nous sommes encore dans une phase d’exploration avec les meilleurs composants dont nous disposons. D’un autre côté, nous ne voulons pas brûler les étapes. Notre objectif est simplement d’avoir la meilleure moto possible derrière la grille de départ.
Nous voulons la moto la plus légère et la plus performante, avec la meilleure maniabilité. Nous avons déjà beaucoup travaillé dans cette direction : la moto de série affiche aujourd’hui exactement 102 kilos. »
C’est une très belle performance !
Martens : « Nous avons énormément travaillé sur le poids, notamment en utilisant de meilleurs matériaux. Pour la moto d’usine, nous visons 105 kilos. Elle ferait ainsi partie des machines les plus légères du plateau MXGP.
Les pilotes qui ont essayé la moto, y compris des pilotes de haut niveau, nous ont dit : « Waouh, cette moto est vraiment agréable à manier parce qu’elle est tellement légère. » »
Un budget désormais suffisant
Sur le plan technique, est-ce très différent de travailler avec ZXMOTO plutôt qu’avec un constructeur européen ou japonais ?
Martens : « Ces dernières années, j’ai toujours eu beaucoup de plaisir à travailler avec les différents partenaires avec lesquels nous avons collaboré. Mais nous avions besoin de trouver un nouveau partenaire solide. Je n’avais pas vraiment le choix, car ces dernières années, nous n’entendions plus qu’une chose : tout devenait plus cher et les choses se compliquaient.
Le budget ne suffisait plus et la compétition coûte tout simplement énormément d’argent. Il fallait que quelque chose change. Si nous n’avions pas trouvé d’alternative l’année dernière, nous aurions de toute façon dû arrêter.
Avec ZXMOTO, nous avons pu conclure un accord intéressant qui nous permet de faire notre travail dans de bonnes conditions. On entend toujours parler de sommes astronomiques, mais tant que mon budget est en ordre et qu’il est suffisant, je suis satisfait. »
Qu’est-ce qui rend ZXMOTO différent des autres partenaires ?
Martens : « ZXMOTO est un constructeur qui n’existe que depuis deux ans et qui produit déjà des volumes énormes. J’ai vraiment le sentiment de faire partie intégrante de l’usine et c’est quelque chose qui a beaucoup de valeur à mes yeux. »
Son fondateur et dirigeant est également un personnage assez différent de ceux que l’on rencontre habituellement dans l’industrie. Zhang Xue n’est pas le manager traditionnel toujours en costume impeccable. C’est un passionné de technique, qui roule lui-même à moto et qui a commencé tout en bas de l’échelle. En très peu de temps, il a pourtant parcouru un chemin impressionnant.
Martens : « Je me compare même un peu à lui : moi aussi, j’ai commencé de zéro. Ce qu’il a réussi à construire aujourd’hui relève du rêve, et ces gens-là dégagent quelque chose de particulier.
Cela me rappelle mes débuts chez KTM, il y a quarante ans… ou plutôt quarante-trois ans ! À l’époque, avec la famille Trunkenpolz, c’était exactement pareil : tout tournait autour de la passion, tout était donné pour la moto et les pilotes bénéficiaient d’une confiance totale.
C’était une expérience magnifique et je retrouve aujourd’hui cet état d’esprit. Zhang est un homme passionné et déterminé. Il a également sa vision et ses directives. Ce n’est pas pour autant le grand n’importe quoi : il faut travailler de manière structurée.
ZXMOTO doit aussi respecter un budget. Mais compte tenu de notre collaboration actuelle, même si elle est encore très récente, j’ai vraiment un excellent sentiment. »
Comment se déroule concrètement cette collaboration ?
Martens : « Lorsque nous voulons développer quelque chose de nouveau, nous en discutons et nous mettons les idées en commun. Chacun donne son avis et, en un rien de temps, le projet se concrétise.
Vraiment en un rien de temps, comme je le dis ! Je n’avais jamais connu cela auparavant. Ailleurs, ce genre de démarche prend des mois.
Ici, tout le monde est toujours disponible : toute l’équipe, de moi-même à mes principaux collaborateurs, en passant par les ingénieurs du département R&D. Tout est orienté vers le développement et la volonté d’atteindre nos objectifs. »
Lorsque tu as besoin d’un nouveau composant pour la moto de course, décidez-vous de le fabriquer en Chine, en Belgique ou ailleurs en Europe ? Comment cela fonctionne-t-il ?
Martens : « En Chine, nous avons nos propres équipes qui réalisent des prototypes. Ici aussi, nous avons des personnes qui s’en occupent. Pour chaque composant, nous choisissons l’entreprise ou le fournisseur qui possède la meilleure expertise dans le domaine concerné.
Tout dépend de ce dont nous avons besoin à un moment donné. Un système de biellettes de suspension n’a rien à voir avec une boîte de vitesses. Chacun est spécialisé dans son domaine. »
Et l’électronique, Jacky ? Elle a pris une importance considérable ces dernières années.
Martens : « Elle est extrêmement importante. C’est même probablement l’élément le plus important d’une moto de cross moderne : le traction control, le launch control pour les départs, le fonctionnement du moteur, son caractère… Tout passe par là.
Pour cela, nous travaillons avec Carrot Powertrain Solutions, une jeune entreprise basée à Veldhoven, aux Pays-Bas.
Nous avons dû réagir rapidement et choisir le partenaire qui pouvait nous aider le plus vite. J’entretiens de très bonnes relations avec toutes les entreprises actives dans ce domaine, mais nous devions agir sans attendre. Il fallait donc travailler avec quelqu’un capable de nous apporter une aide immédiate.
Cette flexibilité n’est pas toujours évidente avec les grandes entreprises. Elles planifient leurs activités un an à l’avance et nous arrivons soudainement avec une nouvelle marque chinoise. Nous voulons ce qu’il y a de mieux, mais nous avons besoin d’être aidés maintenant.
Au fil des années, j’ai noué énormément de contacts avec des sponsors et des partenaires. Mais lorsqu’ils sont trop importants pour pouvoir réagir rapidement, il faut faire des choix. Nous n’avons pas le temps d’attendre. Nous devons simplement être performants.
Avec Zhang Xue et son équipe, nous nous sommes mis d’accord pour tout mettre en place le plus rapidement possible. »
Le top 3 dans deux ans
Pour cette première saison, vous avez choisi Oriol Oliver et Kevin Horgmo. Ce ne sont pas nécessairement les plus grands noms du plateau, mais Oriol est clairement un pilote d’avenir et Horgmo a déjà démontré depuis plusieurs saisons qu’il était l’un des meilleurs pilotes privés.
Martens : « Horgmo a également montré en MXGP qu’il était capable de se battre entre la cinquième et la dixième place.
Nous avons délibérément opté pour de jeunes pilotes. Nous avons fait essayer la moto à de nombreux pilotes, sur différents circuits, et tous ont été enthousiastes. Certains ont même été surpris par ses performances.
Mais trouver une moto agréable à piloter à l’entraînement et disposer d’une machine réellement compétitive en MXGP, ce sont deux choses différentes.
La moto doit être parfaitement réglée pour pouvoir rouler à la limite. Il y a une énorme différence entre une machine qui permet de commettre une petite erreur lorsqu’on roule à la limite et une autre qui vous éjecte immédiatement.
Grâce au cadre et à toutes les possibilités de réglage, il faut parvenir à créer un certain caractère et surtout un sentiment de sécurité. Le pilote doit avoir suffisamment confiance pour pouvoir aller chercher les limites sans risquer d’être catapulté à la moindre erreur.
C’est la partie la plus difficile et la plus coûteuse à développer. »
Comment se déroule concrètement ce travail de mise au point ?
Martens : « Les motos sont développées en fonction de nos jeunes pilotes. Nous disposons également de pilotes essayeurs qui effectuent les tests d’endurance et participent à la mise au point.
Lorsque nous développons quelque chose de nouveau, nous le faisons d’abord tester par ces pilotes essayeurs. S’ils sont satisfaits, Yentel (Ndlr : le fils de Jacky Martens), qui possède désormais une énorme expérience en matière de tests, prend le relais.
Ce n’est qu’ensuite que nous décidons si nous pouvons appliquer directement cette évolution à nos pilotes officiels.
Si cela ne fonctionne pas, nous revenons en arrière et poursuivons nos recherches. C’est évidemment la partie la plus coûteuse du processus. Lorsqu’une solution ne convient pas, il faut parfois énormément de temps, de travail et de fabrication avant de pouvoir repartir dans une autre direction.
Nous avons donc établi des accords très clairs à ce sujet : il faut pouvoir essayer des choses et disposer de cette liberté. »
Tu as connu beaucoup de succès en MX2 avec Honda, KTM et Husqvarna. Avec Fantic également, tu avais obtenu de beaux résultats malgré des moyens limités. ZXMOTO affiche déjà de bons résultats en Supersport et a posé les premiers jalons en rallye-raid. Il n’est donc pas question de simplement voir ce que cela donnera en MXGP…
Martens : « Non. Dès nos premières discussions avec Zhang Xue, le message était clair : nous devons gagner !
J’ai toutefois une confiance totale dans les pilotes que nous avons choisis. Ce sont de jeunes pilotes ambitieux. Mais si les choses ne fonctionnent pas comme prévu, il faudra savoir réagir.
L’année prochaine, plusieurs pilotes de premier plan arriveront en fin de contrat. Il faut suivre la vision du patron : s’il veut gagner dans deux ou trois ans, nous devons continuer à nous adapter et à faire les bons choix. »
Avec ces deux pilotes, penses-tu qu’il est possible de viser des places dans le top 5 ?
Martens : « J’y crois à 100 %. Si l’on n’a pas cette ambition ou si l’on pense ne pas être capable de gagner avec quelqu’un, alors autant arrêter.
J’ai aussi commencé avec Jeffrey Herlings en EMX250, et il a failli remporter le titre européen alors qu’il venait directement de la 85cc. Nous avons débuté avec Jordi Tixier, qui a lui aussi gagné. Nous avons connu le succès avec Pauls Jonass et Romain Febvre. Yves Demaria a également remporté des victoires chez nous alors que tout le monde pensait qu’il était sur le déclin.
Quant à Sven Breugelmans, beaucoup affirmaient qu’il ne deviendrait jamais champion du monde. Pourtant, il l’est devenu !
Noel Zanocz n’était pas vraiment annoncé parmi les candidats aux meilleurs résultats et il est réputé pour être un pilote difficile à gérer. Pourtant, il a terminé vice-champion d’Europe EMX250 dès sa première saison l’année dernière, malgré des blessures.
Il faut y croire. Nous avons une confiance totale dans les deux pilotes que nous avons choisis avec Jesús Rincón (Ndlr : directeur du département compétition de ZXMOTO) et Zhang Xue.
Et nous connaissons les objectifs du patron : dans deux ans, nous voulons être dans le top 3 et, dans trois ans, nous voulons être champions du monde. »
Cela ne peut se faire que si les conditions sont réunies.
Martens : « Exactement. C’est évidemment un énorme défi et cela demande beaucoup de travail. Mais lorsqu’on évolue dans le monde de la compétition, on est de toute façon habitué aux longues journées.
Nous avons tout connu, les belles périodes comme les moments difficiles, et nous avons toujours réussi à redresser la situation. Aujourd’hui, nous sommes simplement dans une meilleure position et nous pouvons commencer à travailler à un niveau supérieur. »
Tu vas également travailler sur la future 250 de série. Peut-on imaginer que l’équipe aligne aussi des pilotes en MX2 d’ici 2029 ?
Martens : « Je ne sais pas encore. Ce sont des étapes très importantes. La moto est prête et a été testée sous forme de prototype. Il faut maintenant passer à la production.
Il peut toujours y avoir des imprévus, mais si tout se déroule comme prévu, sans obstacles inutiles, cette moto sera prête pour la production et tout le monde en sera très satisfait.
Mais le MXGP reste évidemment la priorité. Une moto de Grand Prix repose également sur la base d’un modèle de série. En travaillant dans cette direction, on dispose déjà de 70 à 80 % de la future moto MXGP sous la forme d’une machine de série. Les deux projets avancent donc main dans la main.
On nous demande déjà quand nous allons pouvoir commencer à travailler sur la 250, mais il faut d’abord concrétiser un projet avant de passer au suivant.
Et lorsqu’une moto est prête, il faut continuer à travailler dessus, car il faut toujours chercher à faire mieux. Dès mai-juin, nous devons déjà commencer à travailler sur le modèle de l’année suivante.
Tout dépendra aussi de la vitesse à laquelle l’activité commerciale va se développer. Je me suis rendu sur place et les installations sont absolument magnifiques. Voir à quel point tout fonctionne de manière disciplinée, c’est un rêve.
Mais si la production augmente, tout doit suivre et prendre de l’ampleur. Ils vont également construire une toute nouvelle usine, avec une capacité de production encore plus importante. »
On sent également que Zhang Xue et la marque ZXMOTO sont profondément imprégnés de cet ADN de compétition. La volonté de gagner fait partie de leur culture.
Martens : « C’est vrai. Cet ADN de compétition est présent à tous les niveaux, du haut en bas de l’organisation. C’est très important pour que tout le monde travaille dans la même direction. »
Zhang Xue est également une personnalité assez particulière pour incarner la marque. Peu de dirigeants de constructeurs enfourchent eux-mêmes une moto pour tenter de battre un record du monde, comme il l’a fait avec sa fameuse moto capable de rouler sur l’eau. Est-ce un trait de caractère qui le définit, d’après ce que tu as pu découvrir de lui ?
Martens : « Avec lui, on peut effectivement s’attendre à tout !
Lors de notre visite en Chine, j’avais déjà eu un aperçu de cette facette de sa personnalité. Dans un coin, il y avait cette moto spéciale. Il nous avait alors expliqué qu’il voulait suivre les traces de Robbie Maddison et battre le record du monde Guinness.
Il faut quand même oser le faire ! C’est quelqu’un qui possède une détermination impressionnante. C’est forcément inspirant pour toutes les personnes impliquées dans le projet ZXMOTO. »
Merci Jacky pour ton temps et bonne chance pour cette nouvelle aventure !
Martens : « Avec plaisir ! »





