Interview Harri Kullas | Harri Kullas: le retour des ‘Finlandais Volants’?

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Des pilotes scandinaves rapides, et plus particulièrement des Finlandais, il y en a toujours eu dans le championnat mondial de motocross. Cela commençait malgré tout à  faire pas mal de temps que ceux-ci n’occupaient plus le haut de l’affiche. Heureusement, nous avons eu la bonne surprise cette saison de voir apparaître aux avant-postes du championnat mondial MX2 le jeune Harri Kullas (18 ans). Harri fait partie du team Yamaha-Garibolsi-Monster-Energy et il vient de réussir son meilleur résultat de la saison lors du GP de Lierop, avec une belle cinquième place. L’occasion de tailler une bavette avec ce sympathique jeune homme dont le profile ne correspond pas du tout au stéréotype du Finlandais bourru et taiseux…

Félicitations, Harri, te voici dixième au classement provisoire du championnat du monde MX2. Ce n’est pas mal pour un ‘rookie’!

Harri Kullas: “Merci. C’est vrai que je suis très content de ma saison. Lors des cinq premiers GP, je me suis toujours classé dans les dix premiers. C’était un bon début. A Glen Helen et à  Teutschenthal, j’ai été malchanceux mais, dans notre sport, il y a toujours des hauts et des bas. A Kegums et à  Uddevalla, je me suis toutefois classé à  chaque fois sixième dans une manche. A Lommel, j’ai terminé sixième pour l’ensemble du GP tandis qu’au Brésil, j’ai fini cinquième dans la première manche. Mon problème, c’est que je me classe toujours mieux dans la première manche que dans la deuxième. C’est quelque chose que je dois améliorer mais, bon, dans l’ensemble, je suis satisfait.”

Tu as longtemps roulé sur une KTM. Comment s’est effectué ton passage sur une Yamaha?

Harri Kullas: “Fin novembre, j’ai testé différentes motos auprès de plusieurs teams. Dès le moment où je suis monté sur la Yamaha, j’ai trouvé que la moto marchait fort. Il faut dire que je suis un pilote qui s’adapte bien à  tous les types de machines. La moto, c’est ton outil et tu dois faire en sorte de pouvoir l’utiliser au mieux. Si le team dans lequel tu te trouves est efficace, la marque a peu d’importance. Je ne suis pas quelqu’un qui se plaint facilement du comportement de la moto. C’est d’abord à  moi de faire mon boulot de pilote! Cette année, le team et la moto étaient au top et je n’aurais pas pu souhaiter mieux. L’année prochaine, je resterai d’ailleurs chez Gariboldi.”

Cette saison, tu avais un nouvel entraîneur?

Harri Kullas: “C’est exact. Dans le passé, c’est mon père qui s’occupait de tout tandis que Jussi Vehvilainen m’aidait à  établir un programme d’entraînement et me prodiguait ses conseils sur les courses. Cette année, je travaille avec Willy Linden. C’est une décision qui a été prise par le team. Physiquement, je trouve que j’ai fait des progrès. Je m’efforce de travailler le plus durement possible et j’ai également appris à  écouter mon corps. En fait, il semble que cette année, les pièces du puzzle se soient mises à  leur place.”

Cela fait quelque temps que tu habites en Belgique. Comment cela se passe-t-il avec le Néerlandais?

Harri Kullas: “Joker! Je sais que je devrais parler Néerlandais mais je ne trouve pas de dictionnaire Finlandais-Néerlandais!”

Tu devrais peut-être chercher un dictionnaire Estonien-Néerlandais vu que tu possèdes la double nationalité?

Harri Kullas: “Mes parents sont en effet tous deux Estoniens mais, en ce qui me concerne, je suis né en Finlande. En outre, je roule avec une licence finlandaise car la plupart de mes sponsors sont finlandais. J’ai donc un double passeport et dans le cadre du Motocross des Nations, c’est vrai que je peux choisir le pays que je veux représenter. Si la Finlande décidait de ne pas aller au MdN, je pourrais ainsi devenir disponible pour l’équipe estonienne. Moi-même, je me sens autant Estonien que Finlandais! A la maison, je parle Estonien avec mes parents.”

A propos du Motocross des Nations, tu avais remporté il y a deux ans le Ricky Carmichael Award (récompense destinée au plus jeune participant, Ndlr) à  Donington?

Harri Kullas: “Oui, c’est vrai mais ce n’est pas une véritable récompense car on sait à  l’avance qui va l’obtenir. Ceci dit, j’ai trouvé l’attention sympathique. Le trophée est sur ma cheminée et il n’y a pas pas beaucoup,de gens qui peuvent se vanter d’avoir reçu un Ricky Carmichael Award! Comme je n’étais pas connu à  l’époque, cette reconnaissance était quand même très chouette.”

Es-tu conscient d’être devenu LE grand espoir finlandais en motocross?

Harri Kullas: “Oui et c’est un peu bizarre car le motocross a un passé très riche en Finlande. En ce moment, je suis le seul Finlandais en GP. Ce n’est pas facile de mettre sur pied une équipe pour le MdN. Ceci dit, il reste de nombreux pilotes de motocross et mon fan club compte énormément de membres, ce qui veut dire que le motocross est toujours bien vivant en Finlande. Lorsqu’une épreuve est organisée, le public est nombreux au rendez-vous. La plus grande barrière, finalement, c’est la mer! Je veux dire la mer entre la Finlande et l’Europe. En effet, voyager est très onéreux. Avec mon père, nous sommes venus en Europe dès la deuxième année où je me suis mis à  rouler. Si tu restes en Finlande, tu ne peux pas te mesurer aux top pilotes ni connaître les circuits et tu restes dans ton coin sans pouvoir évoluer.”

Serais-tu le premier d’une nouvelle génération de ‘Finlandais Volants’?

Harri Kullas: “Je l’espère! C’est encore un peu tôt pour l’affirmer. C’est vrai qu’il y a quelques gamins plutôt rapides. Ils roulent en 65cc et ils participent au championnat d’Europe, donc, c’est bien. En fait, jusqu’en 85cc, tu as plusieurs garcons qui sont très rapides. Après, ils sont trop paresseux pour continuer. A leur décharge, il faut admettre qu’ils sont souvent loin de chez eux. Lorsqu’ils rentrent à  la maison, ils retrouvent leurs copains et ils n’ont plus envie de voyager loin. C’est dommage mais c’est ainsi.”

Outre les pilotes de motocross, les mécaniciens finlandais étaient également bien représentés sur les GP dans le passé. Je me souviens de l’un d’entre eux qui me disait que c’était parce que les Finlandais avaient l’habitude de travailler dans des conditions de m…?

Harri Kullas: “Je suis tout à  fait d’accord avec ça! Celui qui sait tirer son plan dans le froid et dans la boue avec un budget réduit arrive à  travailler ou à  piloter beaucoup plus facilement dans de bonnes conditions. En ce qui me concerne, je n’ai jamais de problèmes. Qu’il fasse chaud ou froid, cela m’est égal. J’ai meme apprécié la chaleur au Brésil car j’étais en bonne condition physique.”

A Lommel, tu as remporté l’autre jour le Monster Energy Karting. En plus, tu as ridiculisé les autres concurrents. On sait que la Finlande a produit de nombreux champions de F1 et de rallye. Cela veut dire que tu as des gênes bien finlandais malgré tes origines estoniennes!?

Harri Kullas: “Oui, cela se pourrait! J’aime la course et c’est vrai que je me suis bien amusé lors de cette compétition de karting organisée à  Lommel. Tout le monde voulait pourtant gagner. J’ai même entendu dire que la plupart des autres pilotes s’entraînaient régulièrement. Moi, j’ai fait profile bas mais, comme on dit, rira bien qui rira le dernier!”

Ton passage du championnat d’Europe MX2 en MXGP s’est déroulé sans problèmes alors que chacun attendait mieux de ton coéquipier Charlier, qui avait été champion l’an dernier?

Harri Kullas: “Peut-être mais mon classement de l’an dernier ne disait pas tout. En effet, une blessure à  l’épaule m’a fait manquer trois épreuves et même si je suis bien revenu, c’est ce qui explique que je n’ai terminé que sixième. Il se peut aussi que j’ai progressé plus rapidement cette année. Ceci dit, je ne regarde pas ce qui se passe avec les autres pilotes.”

Prochaine étape?

Harri Kullas: “Des places sur le podium lors de certaines manches. Les circuits dans le sable me conviennent mieux, comme tu as pu t’en apercevoir à  Lommel et à  Lierop! En plus, sur ce type de circuit, c’est plus facile de faire la différence. Sur un circuit en dur, tout le monde peut rouler vite. Je voudrais aussi terminer dans les cinq premiers au classement du championnat. C’est peut être un objectif ambitieux mais je crois que c’est jouable. En effet, cette année, j’ai terminé chaque fois dans le top dix, ce qui n’est finalement pas si loin du top cinq.” 

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