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Erik Willems : “Au Portugal, on a montré qu’il faut désormais compter avec les Belges !”

Erik Willems : “Au Portugal, on a montré qu’il faut désormais compter avec les Belges !”
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Erik Willems ne s’attendait sans doute pas à revenir de ses premiers Six Jours d’enduro avec une médaille d’or. C’est pourtant l’exploit que le pilote Husqvarna a signé au Portugal au terme de 6 journées de compétition où il a fait jeu égal avec de nombreux ténors de la discipline en terminant dans le top-10 de sa catégorie. Un résultat qui conforte le Brabançon dans le choix qu’il vient d’opérer pour la suite de sa carrière.

 

Un épreuve comme les Six Jours, cela se prépare sans doute différemment d’une épreuve disputée sur une ou deux journées ?

“J’ai beaucoup plus travaillé sur la marche et la course à pied. Car d’habitude, je ne marche jamais, ou très peu du moins. Or, sur une épreuve comme les Six Jours, on marche énormément. On a calculé qu’on a marché au total plus de 120km sur la semaine ! J’ai donc mis l’accent là-dessus en faisant beaucoup plus de cardio. Niveau entraînement moto, j’ai mis l’accent sur la préparation dans le rapide car on savait qu’au Portugal, ce serait certainement très roulant. On a aussi pas mal travaillé sur la moto. En Belgique, je roule pratiquement stock mais on savait que sur les Six Jours, ce serait un peu court. On a fait du testing et réglé pas mal de détails sur la moto, travaillé sur les suspensions. J’avais pu constater grâce à mon expérience sur le GP de France à quel point c’était important à ce niveau de compétition.”

En septembre, ta première expérience en EnduroGP en France t’avait permis de constater l’écart qui persiste entre notre championnat national et le mondial…

“C’est vrai que le GP de France n’a pas été particulièrement facile pour moi. Il y a beaucoup de petites choses qui, mises ensemble, ont compliqué mon week-end. J’étais notamment encore un peu malade et je devais encore prendre mes marques avec la 350 4-temps. J’ai roulé très longtemps en 2-temps et le passage d’une machine à l’autre demande un certain temps d’adaptation. Je savais que ce serait très dur mais c’était même peut-être un peu exagéré dans le cas du GP de France. Mais c’était une bonne préparation pour le Portugal car j’ai trouvé là-bas des conditions nettement plus accessibles. Cependant, ce n’est pas facile pour moi de garder un rythme soutenu en liaison sans me fatiguer. J’ai alors du mal à me concentrer dans les spéciales. C’est mon point faible, je le sais. C’est quelque chose à travailler cet hiver.”

“J’ai toujours été attiré par la discipline. Je savais qu’un jour ou l’autre, je ferais de l’enduro.”


Les Six Jours, ce sont certainement plein de souvenirs qui se bousculent à présent dans ta tête ?

“Je garde plein de bons souvenirs de ces Six Jours. De belles vues, des liaisons superbes, des parties humides dans les bois qui laissaient penser que nous nous trouvions en pleine jungle,… j’ai adoré les spéciales et j’ai vraiment apprécié aussi les excellents moments passés en équipe. Je retiendrai surtout le jour où j’ai pu rouler en liaison avec Matthew Phillips avant de le dépasser en spéciale en enlevant au passage le 8ème temps scratch. C’est un pilote que j’estime beaucoup, cela m’a donc fait quelque chose de le voir me laisser passer après avoir vu que j’étais plus rapide que lui.”

C’est aussi une formidable aventure de groupe, non ?

“Je pense que cela devait se percevoir de l’extérieur : l’ambiance au sein du clan belge a été excellente. On a vraiment passé la semaine ensemble, l’esprit était hyper collectif et tout a bien fonctionné sur place. Plus généralement, l’ambiance générale sur l’événement est super chouette. Voir ces pilotes qui viennent des 4 coins du monde pour disputer l’épreuve, c’est unique. Et l’esprit enduro est omniprésent. C’était vraiment une super expérience!”

Tu avais annoncé ton passage en enduro pour 2020 juste avant de partir au Portugal. Cela a changé ta vision des choses ?

“Dans ma tête, c’était déjà clair depuis longtemps que j’allais passer à l’enduro. Cela n’a donc finalement pas changé grand-chose pour moi que de l’avoir annoncé. Je m’étais dit que lorsque j’aurais atteint un certain niveau en motocross, je passerais en enduro. C’est Wim Vanderheyden qui m’a proposé de disputer une épreuve en Belgique et j’ai directement accroché.”

Tu savais à quoi t’attendre en arrivant au Portugal ?

“J’ai été agréablement surpris car je n’étais a priori hyper emballé à l’idée de disputer les Six Jours. L’épreuve arrivait au bon moment, alors que j’avais besoin de prendre un maximum d’expérience en enduro. J’étais donc motivé mais sans en faire dans ma tête la course de l’année. Sur place, je dois dire que j’ai été impressionné. Je n’imaginais pas à quel point cette course était magique. On m’en avait beaucoup parlé mais je ne m’attendais pas à cela.Je partais au Portugal sans ambition particulière. Les résultats n’étaient pas mon objectif premier et je ne savais vraiment pas à quoi m’attendre à ce niveau. Mais je me suis vite rendu compte que j’avais la possibilité de faire quelque chose de bien. On a mis du gaz toute la semaine et on a montré que les Belges étaient là. C’est hyper motivant de voir qu’il y a une nouvelle génération d’enduristes belges qui arrive et que l’on peut tirer notre épingle du jeu, même au meilleur niveau.”

“J’ai tout l’hiver pour travailler mes points faibles et arriver ainsi à 100% la saison prochaine !”


Cela ouvre de belles perspectives pour 2020 !

“Je suis hyper motivé à l’idée d’y retourner l’année prochaine. Je sais à présent comment m’y préparer au mieux car je sais à quoi m’attendre. Je suis toujours partant pour représenter mon pays, que ce soit à la Coupe de l’Avenir ou aux Six Jours. Je ne manque jamais une occasion. J’ai maintenant tout l’hiver pour travailler mes points faibles en vue de la saison prochaine et arriver à 100% pour 2020.”

Photos : Serge Marlier

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