Published On: 11 mai 2023

Stefan Pierer, à la tête du groupe KTM depuis la fin des années 90, a souvent vu juste quand il s’agissait d’anticiper l’évolution du marché du deux roues. L’incroyable success story du constructeur autrichien ces 20 dernières années en est la plus belle preuve. Et en matière de machines électriques, le CEO de Pierer Mobility a une vision très claire de ce vers quoi devrait tendre le marché.

Pierer s’est récemment exprimé au sujet des machines électriques, sujet brûlant s’il en est, en particulier dans notre région du monde où le thermique semble devoir être mis hors jeu à relativement brève échéance.

KTM a été un pionnier en matière de machines électriques. Le groupe autrichien propose en effet depuis longtemps sa fameuse Freeride électrique, à laquelle sont venues s’ajouter ces dernières années la déjà très populaire gamme de mini-machines destinées aux champions en herbe. GasGas dispose également d’une machine de trial électrique, la TXE.  Pierer croit de toute évidence en l’avenir de l’électrique mais a des idées bien tranchées sur le sujet. KTM continuera a investir dans le segment mais de façon calculée, il n’est nullement question à Mattighofen de foncer tête baissée dans une électrification intensive de la gamme du groupe.

« On me demande souvent : « Qu’en est-il de vos motos électriques ? » et nous parlons alors de la densité énergétique, qui est de 0,8 kilogramme par litre dans un moteur à combustion interne. Pour obtenir la même densité énergétique avec une batterie lithium-ion, il faut multiplier ce poids par dix. Je pilote une moto d’enduro avec 9 ou 10 litres d’essence embarqués. Où devrais-je mettre les 100 kilogrammes pour obtenir l’équivalent électrique?  Peut-être dans mon sac à dos ou sur le porte-bagages ? », ironise Pierer.

 

 

« Ne me parlez pas d’une machine d’aventure qui aurait la prétention de parcourir de longues distances sur route ou hors route. C’est idiot », poursuit Pierer. « Depuis 15 ans, j’ai vu de nombreuses entreprises qui se sont lancées dans l’aventure de l’électrique brûler beaucoup d’argent. Il faut se rendre à l’évidence, elles ne sont pas commercialement viables. Mais dès qu’il s’agit d’une petite batterie, c’est différent. Nous vendons très bien les motocross électriques pour enfants – avec une petite batterie, vous conservez votre marge. Ensuite, lorsque le jeune atteint l’âge de 16 ans dans sept ans, il est déjà habitué à l’électricité et demande une version adaptée, ce qui signifie que vous devez vous préparer à lui fournir ce qu’il veut. C’est simple ! »

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« Nous sommes les pionniers du tout-terrain électrique. Dès 2013 nous avons lancé notre Freeride », rappelle le numéro 1 du groupe KTM. « Le modèle de la prochaine génération arrivera en 2024, donc nous allons évidemment de l’avant avec cela. Dans des pays comme l’Autriche, dans des zones touristiques où il est interdit de conduire des motos à combustion interne, c’est le seul choix que vous ayez et vous investissez dans cette technologie parce que vous voulez continuer à pratiquer votre sport. »

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« Dès que c’est légalement requis, vous devez fournir quelque chose, et les produits pour les jeunes pilotes sont parfaits, tout simplement parfaits. Vous n’êtes plus le mécanicien de votre enfant. Deuxièmement, c’est plus sûr parce que vous pouvez pratiquer dans votre quartier, même dans votre jardin sans déranger votre voisin. Et il ne faut pas sous-estimer le vrai décideur, la mère. Si le produit est silencieux, elle le considère comme sûr, tel qu’il est. »

Et Pierer de conclure : « En outre, nous avons abordé il y a trois ans le marché des vélos électriques. L’activité E-bike est devenue énorme, c’est aujourd’hui un marché important pour nous. »