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Dakar : 27 pilotes engagés dans la classe « Malle-Moto », dont Jérôme Martiny

Dakar : 27 pilotes engagés dans la classe « Malle-Moto », dont Jérôme Martiny
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La liste des engagés affiche les noms de 140 pilotes prêts à défier sur deux roues le parcours du 46e Dakar, explorant l’Arabie Saoudite d’AlUla à Yanbu entre le 5 et le 19 janvier. Parmi eux, quatre Belges : Jérôme Martiny, Joris Van Dyck, Pierre Saeys et Gwen Backx. L’un deux fait partie des 27 hommes qui ont choisi la voie de la difficulté, celle de la catégorie « Malle-Moto », celle dans laquelle Jérôme Martiny a décidé de s’engager cette année. Après avoir flirté à deux reprises avec le top-30 du classement scratch, notre compatriote fera partie des hommes à suivre dans cette catégorie qui regroupe ceux que l’on considère dans le paddock comme les plus courageux des motards.

Le tenant du titre Kevin Benavides, dont la saison a été perturbée par des blessures, ne se présente peut-être pas dans les meilleures conditions, mais la grande famille KTM sera représentée par son jeune frère Luciano, champion du monde W2RC cette année pour le compte de Husqvarna.

La densité de favoris est encore plus flagrante chez leurs rivaux de Honda. Les six pilotes des motos rouges sont tous à prendre au sérieux dans l’optique de la victoire finale, y compris les deux recrues de l’année, Skyler Howes et Tosha Schareina. Tous les espoirs sont également permis pour Hero, qui a associé Joan Barreda à Ross Branch et pour Sherco, qui table toujours sur Lorenzo Santolino.

Les voyants ne sont pas au vert chez les orange ! Entendons par-là le groupe des pilotes officiels KTM au sens strict, qui a connu davantage de désillusions que de succès depuis le doublé réalisé au classement général du dernier Dakar, avec Kevin Benavides et Toby Price au sommet, seulement séparés de 43 secondes. Entre temps, le double vainqueur argentin (2021-2023) s’est brisé le fémur juste avant l’Abu Dhabi Desert Challenge, s’est ensuite blessé au poignet après avoir repris l’entraînement pour le Desafio Ruta 40, et a une nouvelle fois meurtri sa jambe dans la dernière ligne droite de sa préparation de l’édition 2024.

Toby Price a de son côté affiché une réelle régularité sur la saison de W2RC, l’achevant même par une victoire sur le Rallye du Maroc, mais en passant à côté du titre de fin d’année pour quatre points. L’Australien reste le principal atout de la firme autrichienne, qui a perdu son porte-drapeau Matthias Walkner sur de multiples factures à la jambe au début du mois de décembre.

Face au clan KTM, le Monster Energy Honda Team affiche une posture conquérante. Et pas seulement parce qu’elle a remporté pour la deuxième fois consécutive le titre constructeurs du W2RC, en étrennant de surcroit sur la dernière manche au Maroc la toute nouvelle version de sa CRF 450 Rally.

La direction sportive des « rouges » a encore vu grand sur le mercato de cette année. Après avoir recruté Adrien Van Beveren pendant l’exercice 2022, la marque japonaise s’est attachée les services de l’Américain Skyler Howes, 3e du Dakar 2023, et de la pépite espagnole Tosha Schareina, 2e sur le Sonora Rally et ensuite vainqueur du Desafio Ruta 40. Mais les chances de succès ne s’arrêtent pas là chez Honda : Ricky Brabec a déjà soulevé le trophée en 2020, tandis que Pablo Quintanilla a terminé six fois dans le Top 5 (2e en 2020 et 2022) et que son compatriote « Nacho » Cornejo a laissé passer sa chance en 2021. Au total, les six pilotes du team sont autant de vainqueurs en puissance.

Il leur faudra toutefois compter chez le constructeur indien Hero sur la concurrence de Ross Branch, toujours bien placé cette année et rejoint dans l’équipe par Joan Barreda, en lice pour une 30e victoire d’étape et pourquoi pas mieux. Le tableau des chasseurs d’accessits doit être complété par les pilotes Sherco, en particulier Lorenzo Santolino qui entend améliorer sa 6e place datant de 2021.

Ils n’évolueront pas exactement dans les mêmes eaux, mais les pilotes de Rally 2 tutoient tout de même le Top 10. C’était le cas du vainqueur 2023, Romain Dumontier, 14e en Arabie Saoudite et qui a ensuite dominé la saison de W2RC pour l’achever au sommet de la catégorie. Ses poursuivants au classement annuel, qu’il s’agisse de l’Italien Paolo Lucci, du Français Jean-Loup Lepan ou du Sud-Africain Bradley Cox, s’annoncent comme ses rivaux les plus évidents.

Mais la donne pourrait bien être modifiée par l’entrée en scène des motos Kove. Le constructeur chinois place ses ambitions sur deux pilotes formés au pays, Sunier Sunier et Fang Xiangliang, ainsi que sur les Français Neels Theric (18e en 2023) et Xavier Flick (32e en 2021). L’ancien vainqueur de la catégorie Mason Klein, passé en Rally GP l’année dernière sans avoir réussi à convaincre les constructeurs qui gagnent, tente également le pari de la Kove, en roulant toutefois pour sa propre structure.

Original by Motul : les plus courageux

C’est un peu le village des irréductibles. Au cœur du bivouac, un carré à part se remplit au compte- gouttes, accueillant jusque tard dans la soirée les motards que l’on désigne comme les plus courageux du Dakar. Ils sont 27 cette année à avoir fait le choix de s’engager sans assistance, contraints par conséquent de s’occuper chaque jour eux-mêmes de l’entretien et des éventuelles réparations à effectuer sur leur moto. Les journées et les nuits sont longues pour ces jusqu’au- boutistes, qui cultivent l’état d’esprit d’entraide attaché à l’histoire du Dakar. Reste que sur les pistes et dans les dunes, il se joue bien une compétition, dont sont notamment exclus les anciens vainqueurs et acteurs majeurs des dernières années.

Pour aller chercher le trophée, il faudra donc compter sur des clients comme le Belge Jérôme Martiny, qui a flirté à deux reprises avec le Top 30 et s’attaque maintenant au défi des Original by Motul ; le Slovène Simon Marcic partant pour son 10e Dakar et expert de la formule à la dure ; le Tchèque David Pabiska qui s’engage pour la 15e fois (36e en 2023). Les yeux seront aussi braqués vers deux nouveaux venus qui ont affiché de belles promesses avant leur grand baptême, et ont à coup sûr le gène de la gagne dans leur patrimoine familial : l’Autrichien Tobias Ebster, neveu de l’ancien champion Heinz Kinigardner, et l’Italien Gioele Meoni, fils du double vainqueur Fabrizio Meoni.

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