Le Dakar ne pardonne rien. En ce début d’édition 2026, Adrien Van Beveren en fait une nouvelle fois l’amère expérience. Et pourtant, tout semblait réuni pour que cette aventure soit enfin la sienne.
Troisième en 2024, troisième encore en 2025, le pilote Honda abordait ce Dakar avec la sérénité de ceux qui savent exactement ce que réclame le rallye le plus dur du monde. Pas de promesses tapageuses, pas de déclarations grandiloquentes. Juste cette conviction silencieuse : être là, jour après jour, jusqu’à ce que le désert livre son verdict.
Mais dès les premières étapes, l’histoire a pris une autre tournure. Le ton est donné très vite. Les spéciales sont rapides, cassantes, piégeuses. Le rythme est fou. « Tout le monde est à 200 % », lâche Van Beveren à l’arrivée, lucide, presque résigné. Pas de round d’observation cette année. Il faut attaquer, naviguer juste, et accepter de jouer avec la limite.
Adrien s’accroche. Il ne brille pas, mais il est là. Présent. Dans le match. Jusqu’à ce que le Dakar, fidèle à sa réputation, décide de frapper là où on ne l’attend pas. Une première alerte, d’abord. Une chute violente. Rien de dramatique en apparence, mais suffisamment pour casser le rythme, entamer la confiance, rappeler que chaque kilomètre peut coûter cher.
Puis vient l’incompréhensible. Des fils de fer, des débris métalliques, enchevêtrés autour de la roue avant. La moto bloquée. Adrien à l’arrêt, seul, au milieu de nulle part, à arracher un à un ces pièges invisibles pendant que le chrono, lui, continue de défiler. Trente minutes sont perdues. Peut-être plus.
À l’arrivée, le regard est lourd. Pas de colère spectaculaire. Juste cette frustration sourde, presque douloureuse, de savoir que des semaines, des mois, des années de préparation peuvent vaciller pour un détail que personne ne maîtrise.
Au classement général, l’écart est désormais conséquent. Trop important sans doute pour parler encore de victoire. Peut-être même de podium. Le Dakar 2026 ne sera sans doute pas celui de la consécration.
Mais réduire Van Beveren à ces chiffres serait passer à côté de l’essentiel. Car ce début de Dakar raconte autre chose : la brutalité de l’épreuve, l’injustice parfois totale du rallye-raid, et la force mentale qu’il faut pour continuer quand l’objectif s’éloigne. Là où d’autres s’effondrent, Adrien serre les dents. Il le dit lui-même : limiter les risques, continuer à avancer, jour après jour. Il reste des étapes. Beaucoup. Et sur le Dakar, rien n’est jamais totalement écrit. La course peut encore redistribuer les cartes, user les corps, briser les certitudes. Van Beveren le sait mieux que quiconque.
Ce Dakar 2026 ne commence pas comme il l’espérait. Mais fidèle à son style, sans éclat inutile ni renoncement, le Nordiste continue. Parce que le Dakar, au fond, ne récompense pas seulement les vainqueurs. Et Adrien Van Beveren, malgré les coups du sort, est toujours bien dans la course.













