Published On: 6 février 2026

Invité du podcast Gypsy Tales cette semaine, Antonio Cairoli s’est livré sur sa relation avec les pilotes qui ont été ses plus grands adversaires. Le nonuple champion du monde a essentiellement insisté sur l’importance du jeu mental qui s’installe inévitablement entre les pilotes.

Son adversaire le plus coriace ? « Jeffrey Herlings évidemment, mais si je pense aux années 2004–2005, je dirais Christophe Pourcel », répond Cairoli. « Il était extrêmement fort mentalement. Très dur à déstabiliser. C’était compliqué de trouver un point faible chez lui. Il était solide, très technique, très fermé aussi — il ne montrait rien. On ne savait jamais par quel angle l’attaquer. Même lors de la préparation des grilles de départ, il ne venait pas avec les autres pilotes. Normalement on s’organise : chacun prépare sa place. Lui arrivait au dernier moment et prenait la grille qu’il voulait. Ça mettait un peu le chaos — les autres devaient changer leurs plans. C’était aussi une manière de jouer avec le système. Et souvent il avait le premier choix, parce qu’il signait beaucoup de pole positions. »

« Il avait un talent incroyable », concède Cairoli. « Sa technique, ses trajectoires, sa vision — tout était très avancé. Il avait une vitesse de lecture du terrain exceptionnelle. Très fluide, très peu de freinage inutile, beaucoup de flow. À mon avis, il n’a pas atteint tout son potentiel. Il aurait pu aller encore plus loin. Peut-être qu’avec une approche différente dans ses relations avec les teams, il aurait eu une carrière encore plus longue au plus haut niveau. Mais il est comme il est — un personnage spécial. Moi je l’apprécie beaucoup. »

« La vitesse, les départs, la condition physique — tout ça reste essentiel — mais comprendre mentalement tes rivaux, savoir comment les battre, c’est une autre dimension. J’ai toujours joué un peu avec cet aspect. Par exemple avec Jeffrey Herlings, je savais qu’à l’époque il était presque obsédé par moi. Il voulait tout savoir : où je m’entraînais, quels réglages j’utilisais, combien de fois je roulais… On était dans le même team donc beaucoup d’informations circulaient. Moi, au contraire, je ne pensais pas à lui. Je savais juste qu’il était rapide et en forme — donc je devais travailler. Mais je ne voulais pas gaspiller d’énergie à surveiller ce qu’il faisait. »

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« Mais mélangeais un peu les cartes. Parfois je changeais les plans, les lieux d’entraînement. Quand on roulait ensemble, je savais qu’il voulait absolument être le plus rapide — pas juste un peu, mais beaucoup plus rapide. Donc il poussait, poussait, poussait… et quand tu roules toujours à la limite, il y a plus de risques d’erreur ou de chute. C’était une forme de jeu stratégique. Aujourd’hui il a évolué, il est plus posé. Mais à cette époque, il voulait toujours prouver qu’il était le plus rapide à tout prix.

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Un jeu mental que le nonuple champion du monde appliquait avec tous ses adversaires ? « Pas avec tout le monde », poursuit l’Italie. « Certains étaient trop stricts, trop professionnels dans leur approche. Impossible de les atteindre mentalement — il fallait juste les battre en piste. Clément Desalle par exemple, c’était un pilote très fort mentalement, toujours régulier : premier, deuxième, troisième… sans gros écarts. Là, il n’y avait pas de jeu à jouer : je devais simplement être plus rapide et plus constant. Avec d’autres, quand je sentais une ouverture, j’essayais d’appuyer dessus — de “mettre le doigt sur la plaie”, disons — pour créer un petit avantage psychologique.