Tom Steensels : « La Kove a énormément de potentiel ! »

Kove Moto ne veut pas perdre de temps. Alors que le constructeur chinois devait initialement passer par l’EMX250 en 2027 avant de viser le MX2, le projet a pris un virage spectaculaire : Kove débarquera directement en MXGP la saison prochaine. Et pour mener cette offensive, la marque a choisi un visage bien connu du paddock belge, Tom Steensels.

Une 450cc plus avancée que prévu, une usine chinoise impliquée au quotidien et une nouvelle structure basée à Pelt, dans le Limbourg : Kove Moto entend se faire une place parmi les constructeurs engagés sur le championnat du monde.Deux pilotes officiels seront alignés au sein d’une équipe d’usine qui devra tout construire ou presque. Une sacrée ambition pour une marque encore inconnue du grand public européen il y a quelques années.

Tom Steensels connaît toutefois bien les réalités du motocross de haut niveau. Avec TBS Conversions, il a notamment accompagné les débuts de pilotes comme Camden McLellan, Rick Elzinga ou Cas Valk. Il s’apprête désormais à relever un tout autre défi.

Pourquoi avoir abandonné le passage par l’EMX250 ? Jusqu’où la Kove 450 est-elle déjà développée ? Quelle liberté l’équipe belge possède-t-elle ? Et surtout, jusqu’où peut aller ce projet chinois en MXGP ? Nous avons fait le point avec Tom Steensels.

« La 450cc est plus avancée que la 250cc »

Tom, il y a encore quelques mois, le plan était de débuter en EMX250 en 2027 et éventuellement de passer en MX2 en 2028. Pourquoi ce changement de stratégie ?

Tom Steensels : « La décision a été prise en concertation avec l’usine en Chine. J’avais déjà indiqué que la 450cc était actuellement plus avancée que la 250cc. Elle a trois années de développement supplémentaires et bénéficie donc de davantage d’expérience. La 450cc est déjà assez bien au point, alors qu’il reste encore pas mal de travail sur la 250cc. Nous avons donc finalement décidé d’abandonner le programme initial et de passer directement en MXGP. Plus le projet avançait, mieux nous pouvions évaluer notre niveau technique et les possibilités qui s’offraient à nous. C’est sur cette base que nous avons fait ce choix. »

Ces derniers mois, vous avez beaucoup travaillé sur la 250cc avec Christopher Mills et Jean Visser. À quel niveau se situe aujourd’hui Kove par rapport à une véritable moto d’usine MXGP ?

« Nous avons évidemment encore énormément de travail devant nous. Nous le savons et nous ne cherchons pas à le cacher. Mais nous progressons à chaque étape et la moto évolue constamment. C’est justement ce qui rend ce projet intéressant. À mon sens, il y a énormément de potentiel dans cette moto. C’est surtout passionnant de pouvoir participer à la construction de quelque chose qui est encore en plein développement. »

Tu ne t’es jamais dit que vous vous étiez peut-être lancés trop tôt ?

« Non, pas vraiment. J’aime les défis. Bien sûr, on sait qu’avec un projet comme celui-ci, tout ne sera pas parfait immédiatement. Mais c’est aussi ce qui fait son attrait. On part d’une base et on essaie de l’améliorer étape par étape. C’est ce processus que je trouve intéressant. »

Quelle liberté avez-vous pour développer la moto en Belgique ?

« Nous avons pas mal de liberté. Nous pouvons effectuer nos propres modifications et développer certains éléments, mais tout se fait évidemment en concertation avec l’usine en Chine. Nous sommes en contact très étroit avec eux, avec des échanges quotidiens avec les ingénieurs et le département compétition. C’est donc une véritable collaboration entre ce que nous expérimentons et développons ici en Belgique et le soutien technique de la Chine. »

Où sera installé le team ?

« Nous avons choisi d’installer notre nouvel atelier à Pelt. C’est à partir de là que nous allons construire l’équipe et développer tout le volet technique du projet MXGP. »

Tu connais déjà le paddock MXGP grâce à TBS Conversions. Que retiens-tu de cette expérience ?

« On apprend toujours de ses expériences, mais aussi de ses erreurs. Je garde toutefois un très bon souvenir de cette période, car les bases du projet étaient bonnes. Cette expérience est forcément utile pour un nouveau projet. Nous allons donc essayer de poser à nouveau de bonnes bases et de construire progressivement à partir de celles-ci. »

Triumph, Ducati et Beta ont montré qu’un nouveau constructeur pouvait rapidement se rapprocher des références du championnat. Est-ce une source d’inspiration ?

« C’est difficile de donner aujourd’hui une réponse concrète. On peut évidemment regarder ce que font les autres marques, mais il faudra surtout vivre notre propre expérience lorsque nous commencerons les Grands Prix. C’est à ce moment-là que nous aurons une idée précise de notre niveau par rapport à la concurrence et des domaines dans lesquels nous devrons encore progresser. Nous devrons donc surtout le découvrir une fois que nous serons réellement en course. »

Où aimerais-tu voir Kove dans trois ans ?

« Je ne veux pas encore fixer d’objectifs précis. Nous devons d’abord disputer notre première saison et tirer les enseignements de cette expérience. Nous saurons alors beaucoup mieux où nous nous situons, quelles étapes nous avons franchies et où nous pouvons encore progresser. Nous définirons donc nos objectifs progressivement. »

Dans un peu plus d’un an, lorsque Kove aura terminé sa première saison en MXGP, qu’est-ce qui te permettra de dire que cette première campagne est réussie ?

« Pour moi, une saison réussie signifierait que nous avons obtenu quelques beaux résultats tout en continuant à faire progresser efficacement les motos. Nous devons rester réalistes : c’est un nouveau projet dans une catégorie extrêmement compétitive. Les résultats sont donc importants, mais la progression réalisée pendant la saison l’est tout autant. Si nous avons franchi de belles étapes sur ces deux tableaux, nous pourrons considérer notre première saison en MXGP comme une réussite. »

Tom, merci pour ton temps et énormément de succès dans cette nouvelle aventure !

« Avec grand plaisir ! »

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