Jeffrey Herlings est à nouveau champion du monde MXGP. À 31 ans, le Néerlandais décroche un sixième titre mondial – le 3ème dans la catégorie reine- au terme d’une saison particulière marquée notamment par son changement d’équipe et l’arrivée chez Honda. Un sacre qu’il savoure, même s’il aurait évidemment préféré le conquérir avec Lucas Coenen encore en piste.
« Je suis super heureux », lâche Herlings au moment de revenir sur son sacre. « Évidemment, je n’aime pas la manière dont Lucas s’est blessé, parce que j’ai déjà été dans cette situation plusieurs fois. Mais s’il avait été là lors des six ou sept dernières courses, je pense que j’aurais eu les ressources nécessaires pour lui mener la vie dure. »
Le Néerlandais tient toutefois à rappeler un élément important de sa saison : les problèmes mécaniques qui lui ont coûté trois départs. « Les gens ne doivent pas oublier que j’avais 60 points de retard parce que j’ai eu trois scores vierges à cause d’ennuis techniques. Sans cela, j’aurais été beaucoup plus proche de lui au championnat. Mais avec des “si”, on ne gagne rien. »
Désormais, rien ni personne ne pourra plus lui retirer son titre.
Un pari Honda immédiatement récompensé
Ce sixième titre prend une saveur particulière puisqu’il intervient dès la première saison de Herlings avec Honda, après une carrière presque entièrement associée à KTM. Un choix qui avait suscité de nombreux doutes dans le paddock. Pourquoi Honda décidait-il de miser sur un pilote réputé fragile physiquement ? Pourquoi Herlings quittait-il KTM après avoir remporté autant de Grands Prix avec la marque autrichienne ?
Le Néerlandais a désormais une réponse particulièrement convaincante. « Beaucoup de gens ont douté de ma décision. Beaucoup ont douté de la décision de Honda. On entendait : “Pourquoi prendre Herlings ? Il se blesse tellement.” Et aussi : “Pourquoi quitter Gajser ?” On disait également que j’avais connu tellement de succès avec KTM, que j’avais gagné 112 GP avec eux, et que je partais sans me retourner… »
La meilleure manière de répondre était évidemment de le faire sur la piste. Et les chiffres parlent d’eux-mêmes : 11 victoires sur les 17 courses disputées cette année, avec une présence sur le podium lors de toutes les autres épreuves auxquelles il a participé sans abandon. « C’est probablement l’une des saisons les plus réussies pour moi, pour l’équipe, pour Honda. J’espère que beaucoup d’autres victoires vont suivre. »
Déjà tourné vers la suite
Alors qu’il vient tout juste de décrocher son sixième titre mondial, Herlings pense déjà à la Chine et à l’Australie, les deux dernières étapes de la saison. Le champion néerlandais n’est pas vraiment du genre à se laisser aller à de grandes célébrations. Après plusieurs nuits très courtes, son programme est plutôt simple : dormir.
« J’ai dormi trois heures la nuit dernière et peut-être cinq la nuit précédente. Je dois dormir ! » disait-il dimanche soir. Même le traditionnel verre de champagne ou de bière n’est pas vraiment au programme.
Pourquoi si peu de relâchement après un titre mondial ? Parce que Herlings veut encore gagner. « Je veux gagner en Chine. Je veux gagner en Australie. C’est aussi pour l’équipe, parce qu’ils travaillent comme des fous. » Cette mentalité résume probablement mieux que tout le reste le personnage Herlings. Même lorsqu’il gagne, il trouve encore quelque chose à améliorer.
À quelques jours de ses 32 ans, le Néerlandais sait évidemment que le temps passe. Mais la retraite n’est absolument pas à l’ordre du jour. « Je serai là l’année prochaine. Et je ne me vois pas arrêter à la fin de l’année prochaine. » Il reconnaît cependant que les déplacements incessants et la pression liée à son statut deviennent de plus en plus pesants.
« Quand vous avez mon nom, les gens s’attendent à ce que vous soyez bon. Ils s’attendent à ce que vous gagniez. Et quand vous ne gagnez pas, c’est comme si c’était un échec. C’est beaucoup de pression, chaque semaine. »
Les records encore dans le viseur
Avec ce sixième titre mondial, Herlings ajoute une nouvelle ligne majeure à un palmarès déjà historique. Mais le Néerlandais n’a clairement pas fini de regarder les statistiques.
Il possède déjà les records en termes de victoires en manches et de Grands Prix remportés. Il veut désormais également s’emparer du record de podiums détenu par Antonio Cairoli, dont il n’est plus très loin.
« Je suis recordman pour les victoires en manches, les victoires en GP et presque pour les podiums. Je pense qu’il m’en manque cinq environ par rapport à Cairoli. Je veux lui prendre ce record. Après, il ne restera plus que les championnats. »
Et surtout, Herlings ne veut pas rentrer dans le peloton. « Je suis un gars de podium. Même un top cinq, je n’aime pas vraiment ça. Je veux continuer aussi longtemps que je peux monter sur des podiums. »



