Interview Jérémy Van Horebeek|”Je veux un titre, celui de champion du monde!”

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Voici des années, un chanteur néerlandais avait connu un succès monstre avec une chanson intitulée ‘les rêves sont des illusions’. Pourtant, dans le cas de notre compatriote Jeremy Van Horebeek, ce n’est pas tout à fait vrai. Le “Jerre” a en effet réalisé des débuts de rêve lors de sa première saison en Championnat du Monde MX2. Il a en outre obtenu un contrat de cinq ans chez KTM, a été Champion de Belgique et, cerise sur le gà¢teau, il a été sélectionné dans l’équipe du Motocross des Nations. Admettez qu’il y a de quoi perdre la tête! Ce n’est pas le cas de notre champion et même s’il avait eu la tentation de planer un peu, son entourage aurait été là pour lui remettre les pieds sur terre. Au cours de la saison écoulée, Van Horebeek est devenu un des pilotes les plus populaires du petit monde du motocross en Belgique et on attend évidemment qu’il confirme en 2008 tout le bien qu’on pense de lui.

Jérémy Van Horebeek


Tu rentres de vacances passées en Espagne. Tes batteries sont-elles bien rechargées?

JEREMY VAN HOREBEEK: “Oui, elles sont complètement rechargées. Je suis allé à Tenerife uniquement dans le but de me reposer. Je ne me suis pas entraîné. Je me suis simplement étendu sur la plage pour profiter du soleil et j’ai piqué une tête dans la piscine de temps en temps (rires). Je crois bien être à 100% en forme pour entamer la prochaine saison.”

La saison 2007 a pratiquement été un conte de fées pour toi. Tu a réalisé de superbes débuts en Championnat du Monde MX2, tu as été Champion de Belgique MX2, tu as participé au supercross de Bercy, tu as signé un contrat de cinq ans chez KTM, tu as été repris dans l’équipe belge du Motocross des Nations qui a terminé sur la troisième marche du podium. Quel regard portes-tu sur la saison écoulée?

JEREMY VAN HOREBEEK: “Je crois que chacun sera d’accord avec moi pour affirmer que j’ai réalisé une excellente saison. C’est incroyable, les progrès que j’ai réalisés en une année. Un pilote de motocross progresse habituellement par étapes successives mais, en ce qui me concerne, il semble que tout soit venu d’un coup. C’est fantastique et je ne trouve pas les mots pour décrire ce que je ressens. Maintenant, il faut dire que tout cela n’aurait pas été possible sans mon entourage: d’abord, mes parents puis mon entraîneur, Jaimy Scevenels et, enfin, l’ensemble de mon team. Ils ont tous été à 200% derrière moi. Je suis vraiment dans un cocon où chacun se met à mon service. C’est super et c’est le secret de cette belle saison 2007.”

Ces beaux résultats et cette renommée croissante ne t’empêchent-t-ils pas de rester les deux pieds sur terre?

JEREMY VAN HOREBEEK: “Je suis bien conscient que je dois rester modeste. Je me le répète constamment. Ce n’est pas parce qu’on a réalisé une belle saison que la prochaine sera nécessairement aussi belle. Elle sera peut-être aussi réussie comme elle pourra ne pas l’être. On ne peut jurer de rien. Ce que je sais, c’est que je ferai le maximum et plus pour réaliser une saison encore meilleure. En travaillant dur et donc, en gardant les deux pieds sur terre. Je sais bien que le chemin est encore long avant de pouvoir rouler comme un Antonio Cairoli, par exemple.”

Si on regarde le classement du Championnat du Monde MX2, on voit que tu figures juste en dehors du top quinze mais que tu as réalisé de superbes courses, comme lors des GP de Namur et de Lieropou lors du GP d’Irlande du Nord. Tu as aussi réalisé chaque fois une belle manche en Suède et en Angleterre. Pour toi, quel a été ton meilleur GP?

JEREMY VAN HOREBEEK: “Namur, sans hésitation aucune! Je dirais que Namur a été ma plus belle course tandis que j’ai réalisé mon meilleur GP à Lierop. A Lierop, c’était tout à fait inattendu car je ne suis pas un spécialiste du sable, comme je l’ai souvent dit. Ce que j’ai réalisé à Lierop compte parmi ce que j’ait fait de mieux la saison dernière. En première manche, je suis tombé au départ et je suis reparti le tout dernier, loin derrière l’avant-dernier. J’ai terminé huitième, complètement vidé. J’ai terminé dixième en seconde manche alors que je n’en pouvais plus. Après le troisième tour, j’étais déjà lessivé mais j’ai tenu bon. Pour moi, ce fut définitivement mon meilleur GP. Namur fut également un GP fantastique. C’est grà¢ce aux encouragements de mes supporters que j’ai roulé de la sorte en seconde manche. J’étais part sixième et j’allais plus vite à chaque tour. Le public était à fond derrière moi et me poussait. J’en ai encore la chaire de poule lorsque j’y repense!”

Entre-temps, tu auras certainement appris que Namur va disparaître du calendrier.

JEREMY VAN HOREBEEK: “Je trouve cela dommage. Surtout que cela sera au profit du circuit de Lommel. Je déteste ce circuit! Je n’espère qu’une chose, c’est que les hommes politiques wallons prennent les choses en mains pour que ce GP reste en Wallonie. C’est un péché de supprimer Namur. Je sais que tout le monde n’y roule pas volontiers mais moi, j’adore y rouler. Ce n’est qu’une fois par an qu’on a un circuit aussi spécial. Des circuits de sable, on en a assez avec Valkenswaard et avec Lierop. Pourquoi en rajouter un? Je sais qu’on doit pouvoir rouler sur tous les types de terrain mais je préférerais qu’on conserve Namur. Ce circuit est extraordinaire. Le saut sur l’Esplanade, ces deux minutes qu’on passe à slalomer dans les bois, ces spectateurs qui sont tout proches… Non, vraiment, le GP de Namur est génial et se serait vraiment dommage qu’il disparaisse du calendrier.”

S’il y a eu de belles courses de ta part, il y a eu évidemment de moins bons jours. De quels GP as-tu été le moins satisfait?

JEREMY VAN HOREBEEK: “Celui de Mantova. C’est un peu de ma faute. En première manche, je n’avançais pas tandis qu’en seconde manche, même si j’ai mieux roulé, j’ai eu un problème avec mon filtre à air. On ne peut rien y faire. C’est de la malchance pure. Loket ne constitue pas non plus un souvenir extraordinaire. Je suis tombé au départ avec Tyla Rattray puis je suis encore tombé par la suite. En seconde manche, la moto est tombée en panne. C’est vrai qu’on est dans un sport mécanique. J’ai également trouvé dommage de ne pas pouvoir aller au Japon. Si j’avais pu y aller, j’aurais certainement amélioré ma place au classement final du Championnat du Monde. J’aurais alors pu intégrer le top quinze. Pour le reste, cela a été une superbe saison.”

Un des événements importants de ta saison a évidemment été ta sélection dans l’équipe chargée de représenter la Belgique au Motocross des Nations, une épreuve à laquelle tu avais déjà pu assister en tant que spectateur. Qu’est-ce qui s’est passé dans ta tête lorsque tu as reçu le coup de fil du sélectionneur fédéral, Jà¶el Smets?

JEREMY VAN HOREBEEK: “J’ai d’abord pensé qu’il s’agissait d’une farce mais il s‘est ensuite avéré que c’était vrai. Je suis resté sans voix. Je n’ai pas pu dormir la nuit qui a suivi cet appel de Jà¶el. Je me suis entraîné très durement en vue de cette épreuve et, lorsque nous sommes arrivés aux Etats-Unis, le stress ne m’a pas quitté. Au contraire, il s’est accru. Heureusement, en fin de compte, les choses ne se sont pas trop mal passées dans la mesure où je craignais d’être le maillon faible dans l’équipe. J’entendrai toute ma vie les commentaires des gens qui nous entouraient. J’étais très heureux de monter sur le podium! Lors de la saison de GP, j’aurais déjà tellement voulu monter sur le podium et voilà que cela m’arrivait à l’occasion d’une épreuve aussi prestigieuse que le Motocross des Nations. C’était un rêve qui devenait réalité. J’étais rempli d’un sentiment de joie immense. Après Budds Creek, j’ai pu évacuer énormément de pression…”

Tu savais d’avance qu’on attendait énormément de ta part. En première manche, cela a été le drame, avec ces ennuis mécaniques. Quel était ton état d’esprit à ce moment?

JEREMY VAN HOREBEEK: “J’étais anéanti. Jà¶el est venu me parler pendant que j’étais en train de pousser la moto. Je lui ai dit que je me sentais responsable pour l’équipe et que je lui demandais de m’excuser. Jà¶el m’a alors répondu que cela n’avait pas d’importance et que tout finirait par s’arranger. Il restait confiant dans la possibilité que nous avions de monter sur le podium. Les paroles de Jà¶el me sont restées en permanence à l’esprit et cela nous a réussi. C’est simplement dommage que nous ne soyons pas parvenu à obtenir la seconde place mais on n’y est pas arrivé. Deuxièmes ou troisièmes, peu m’importait, en ce qui me concerne du moins, tellement j’étais déjà content de pouvoir monter sur le podium. Je suis vraiment reconnaissant à Jà¶el de m’avoir sélectionné dans l’équipe. Depuis lors, une véritable amitié est née entre nous. Même en dehors des choses liées au motocross. J’avais toujours mis Jà¶el sur un pied d’estal et voilà que nous bavardons ensemble de choses et d’autres. Le Motocross des Nations est vraiment quelque chose de spécial!

En seconde manche, tu es parti le couteau entre les dents et c’était un véritable plaisir de te regarder rouler. Cela a dà» être un soulagement pour toi, après cette seconde manche?

JEREMY VAN HOREBEEK: “J’étais très fà¢ché, après la première manche. J’étais furieux sur tout et sur tout le monde, comme si quelqu’un était responsable de ce qui m’était arrivé. Je sais que c’est peut-être un défaut chez moi mais je roule mieux lorsque je suis fà¢ché! Ma mère le sait bien. Certaines personnes la rendent parfois furieuse avant une course en sachant que cela va se répercuter sur ma façon de rouler. Pour revenir à cette deuxième manche, j’avais à nouveau complètement raté mon départ et j’ai passé la première bosse en dernière position. Après le premier tour, je me suis déchaîné et j’ai commencer à rouler de façon très agressive. J’ai maintenu ce train d’enfer et, deux tours avant la fin, je me trouvais en neuvième position. J’ai alors commencé à payer le prix de mes efforts et j’ai dà» laisser passer un concurrent, terminant ainsi dixième. Si j’avais pu garder ma neuvième place, nous serions montés sur la deuxième place du podium. Comme tu peux voir, on aurait pu me rendre responsable pour cette perte de la seconde place. Je dois dire aussi que la pression et la chaleur m’ont énormément affecté aux Etats-Unis.”

Alors que d’autres ont eu par le passé énormément de difficultés à s’intégrer dans l’équipe belge, il semble qu’en ce qui te concerne, en tant que benjamin de l’équipe, tu as pu faire ton trou et que tu as pris énormément de plaisir dans cette aventure, pas vrai?

JEREMY VAN HOREBEEK: “Oui, c’est vrai. Après la course, tout le monde m’a dit que j’étais ‘la star de la semaine’! Il semble que j’aie été adopté par toute l’équipe. On a beaucoup parlé et ri ensemble durant cette semaine. On m’a dit aussi de bien rester les pieds sur terre et c’est ce que j’ai fait. L’ambiance était vraiment au top! Je ferai tout pour être à nouveau dans l’équipe en 2008, en Irlande du Nord!”

Lors de la petite fête qui a suivi, le dimanche soir, il paraît que tu étais bien ‘parti’…

JEREMY VAN HOREBEEK: “Pourtant, cela avait commencé très calmement. Cependant, à un moment donné, Stefan Everts a dit qu’en tant que ‘bleu’ dans l’équipe, je devais être baptisé et c’est alors que les choses ont démarré (rires). On a alors un peu (beaucoup!)forcé sur les boissons alcoolisées, pour terminer avec du Vodka Red Bull. A minuit, il a fallu me porter dans la voiture. Ken, qui était notre Bob, a d’ailleurs dà» s’arrêter deux fois en chemin car je ne me sentais pas bien. C’est pour te dire dans quel état je me trouvais. A une heure, nous étions de retour à l’hôtel mais il a fallu me lever à sept heures pour prendre l’avion car je retournais un jour plus tôt que le reste de l’équipe. En fait je suis monté malade dans l’avion pour un vol de neuf heures. Cela n’a pas été évident, je peux te l’assurer (rires). Ce n’oublierai jamais ce fameux dimanche, je pense. C’était superbe, même si cela s’est un peu mal terminé pour moi. Je me suis d’ailleurs juré que je ne toucherais plus jamais à une goutte d’alcool pendant la saison. Quand la saison sera terminée, c’est différent car il faut savoir participer à la fête quand fête il y a.”

Par la suite, il y a eu ce nouveau rêve qui s’est réalisé en ce qui te concerne, le fameux supercross de Paris-Bercy au cours duquel tu as été l’équipier de Chad Reed et de Grant langston, l’espace d’un week-end. Tu t’es bien amusé?

JEREMY VAN HOREBEEK: “Oui, c’était super! J’ai acquis là-bas pas mal d’expérience. J’ai notamment pu faire la connaissance de Grant Langston, de Chad Reed et de Joshua Grant. C’était exceptionnel parce que c’était comme s’ils voulaient tous me prendre sous leur aile. Langston m’a donné des petits trucs tandis que Reed m’a également prodigué des conseils. Le dimanche soir, Langston m’a d’ailleurs dit que si je voulais aller rouler un jour aux Etats-Unis, il était d’accord de m’aider. C’est le genre de paroles qui fait plaisir. Les entraînements du vendredi se sont déroulés très prudemment. En effet, je savais que si j’essayais de suivre les autres, je me blesserais très rapidement. Le premier soir, je tournais en 53 secondes tandis que le dimanche soir, en finale, je réalisais des temps de 45 secondes. Cela fait une fameuse différence. A ce moment, je roulais en sixième position, juste devant Joshua Grant et Justin Brayton. Malheureusement, dans le tunnel, ce fut la catastrophe. Je ne sais pas très bien ce qui s’est passé mais je me suis pratiquement retrouvé en dehors du stade. Rien de grave, à part quelques égratignures. Oui, Bercy, c’est vraiment génial!”

Par le passé, tu as déclaré que Bercy serait le seul supercross auquel tu participerais en 2007. Ce sera différent en 2008?

JEREMY VAN HOREBEEK: “C’est encore trop tôt pour en parler mais ce que je peux dire, c’est que j’adore le supercross. On verra. C’est clair que je veux encore participer au supercross de Bercy en 2008 mais il faut d’abord être sélectionné. Je crois bien que je ferai encore davantage de supercross cette année.”

Ce que tu viens de me dire me laisse à penser que ton rêve américain est plus que jamais d’actualité?

JEREMY VAN HOREBEEK: “Effectivement. L’aventure américaine reste un rêve. Y aller s’entraîner est déjà phénoménal. Je l’avais déjà fait avant l’épreuve de Budds Creek. Le Motocross des nations constituait donc mon second séjour aux Etats-Unis. Je n’ai aujourd’hui que dix-huit ans et peut-être ce rêve américain deviendra-t-il réalité dans 3-4 ans. Je serai toujours jeune à ce moment-là.”

En remportant ton premier titre national, tu as remporté en même temps ton premier titre important. Tu as dominé le Championnat de Belgique MX2 en remportant six épreuves sur les huit que comportait le championnat. Ce titre était important pour toi, non?

JEREMY VAN HOREBEEK: “Certainement. J’ai toutefois le sentiment que je n’ai pas dà» beaucoup me battre pour l’obtenir. Je trouve en effet dommage que la concurrence n’ait pas été plus relevée. Si j’étais organisateur et si je constatais que les courses manquent de suspens, je m’arrangerais pour faire venir des étrangers dans notre championnat. Cela aurait été plus agréable pour moi, en tous cas. Je n’ai pas remporté trois manches mais cela était à cause soit d’ennuis techniques ou d’une chute. Avec une concurrence plus forte, mon titre aurait été encore plus beau. Cela ne veut pas dire que je ne suis pas content mais, enfin, ce à quoi j’aspire réellement, c’est un titre mondial. Après cela, je pourrai penser à aller rouler aux Etats-Unis.”

Ce qui me frappe, c’est que chaque fois que je suis venu t’interviewer après une victoire en Championnat de Belgique ou en Championnat des Pays-Bas, tu as insisté sur le fait que le Championnat du Monde était ton objectif principal. Je peux comprendre mais est-ce que cela veut dire qu’une victoire dans l’un ou l’autre de ces championnats ne représente rien?

JEREMY VAN HOREBEEK: “Le Championnat des Pays-Bas ne m’a pas apporté ce que j’en attendais. Alors que je roulais comme en GP, j’ai chaque fois dà» me contenter d’une cinquième place ou éventuellement d’un podium dans ce championnat. Je dois veiller à faire mieux l’an prochain, même si je peux t’assurer que je me suis donné à 100% dans ce championnat. J’adorerais remporter un titre dans le Championnat des Pays-Bas car cela voudrait dire que je suis devenu un spécialiste du sable!(rires) Enfin, soyons clairs: je suis heureux d’avoir obtenu ce titre de Champion de Belgique car il figurera à mon palmarès et c’est aussi un cadeau non négligeable pour mes supporters.”

Pour clôturer les commentaires sur la saison écoulée, évoquons brièvement la Coupe de l’Avenir que tu as remportée avec Dennis Verbruggen et Dennis Dierckx. A quel rang situes-tu cette victoire parmi celles que tu as remportées cette année?

JEREMY VAN HOREBEEK: “C’est de loin le plus beau titre que j’ai remporté la saison dernière! Tous les espoirs internationaux participaient à cette épreuve et cela donnait encore plus d’éclat à la victoire. Lors de cette épreuve, je crois que j’ai pu montrer que je savais piloter une moto et que la concurrence devait se cracher dans les mains pour pouvoir me suivre. Ce titre était pour moi plus important que le titre national. C’est vrai que tout se jouait sur une épreuve. Cela n’a évidemment rien à voir avec le Motocross des Nations. On ne joue pas dans la même catégorie. N’empêche, on s’est super bien amusés même si toute l’équipe était hyper concentrée en vue de remporter la victoire. Il y avait une ambiance extraordinaire dans le clan belge. Je trouve simplement dommage que cette épreuve ne soit pas suffisamment médiatisée.”

EN ROUTE VERS 2008

Tu devrais pouvoir me dire que tu te trouves en période creuse pour l’instant. Toutefois, hier au téléphone, tu me disais que tu fréquentais toujours l’école…

JEREMY VAN HOREBEEK: “Je suis en contrat d’apprentissage de sorte que je fréquente l’école un jour par semaine tandis que le reste du temps, je travaille en tant qu’apprenti ardoisier. Grà¢ce à mon patron, Frans Appelmans, qui est par ailleurs un de mes principaux sponsors, je peux exercer mon sport à 100% et donc ne pas travailler. Je vais à l’école le mardi et comme c’est normalement mon jour de repos, il n’y a pas de problème. En Belgique, malheureusement, je ne peux pas obtenir le statut de sportif qui serait la seule manière de pouvoir me consacrer entièrement à ma pratique de mon sport. Je dois encore fréquenter l’école pendant un an mais il est clair que je veux faire du motocross ma profession.”

Tu as également participé au Championnat de Belgique de trial à Genk. C’était à titre exceptionnel ou as-tu l’intention de renouveler l’expérience?

JEREMY VAN HOREBEEK: “Je trouve le trial intéressant, particulièrement en hiver, et je pourrais bien renouveler l’expérience. Je mes suis énormément amusé à Genk. Il ne faut pas sous-estimer le trial. Ce dimanche-là, je suis resté 5-6 heures sur la moto et je peux te dire que ce n’est pas évident. C’est même très fatigant. Et encore, j’ai emprunté le parcours le plus simple. Jan Cardinaels, l’organisateur de l’épreuve de Genk, m’a proposé d’aller faire du trial avec lui. Pour le moment, je n’ai pas de moto de trial mais rien ne dit que je ne vais pas en acheter une. Vendredi, pour mon anniversaire, je recevrai un pick-up Dodge et je pourrais facilement y installer une moto de trial!”

Les spécialistes te prédisent un bel avenir: tu es encore très jeune, tu obtiens de bons résultats, tu as un style spectaculaire, tu as un look, tu es bilingue et tu es très disponible pour la presse.

JEREMY VAN HOREBEEK: “J’essaie effectivement de soigner mes relations publiques. C’est important à notre époque. Lorsque la pression sera trop forte, c’est clair qu’il faudra faire des choix. En attendant, je fais de mon mieux à ce niveau.”

La saison prochaine, Joël Roelants sera ton équipier dans le Champ-team. Cela n’est pas plus mal d’avoir une saine rivalité à l’intérieur d’un team, non?

JEREMY VAN HOREBEEK: “Je ne connais pas encore très bien Joël. C’est vrai qu’on devrait pouvoir se pousser mutuellement vers un niveau plus élevé. Il pourra notamment m’aider à m’améliorer dans le sable et je pourrai peut-être l’aider sur les circuits en terre. C’est ce qui est arrivé par le passé avec Ben Townley et Tyla Rattray qui se trouvaient dans le même team et encore plus tôt avec Grant Langston et Kenneth Gundersen. On verra bien ce que cette collaboration donnera. Cela s’était fort bien passé avec Rob van Vijfeijken, qui est devenu un de mes meilleurs amis. J’espère que cela sera également le cas avec Jà¶el, on verra… Finalement, il restera quand même un concurrent.”

La saison dernière, le Champ KTM Team était un team entièrement privé. La saison prochaine, vous pourrez bénéficier du soutien direct de l’usine KTM. Cela changera-t-il votre manière de fonctionner? Pourras-tu par exemple bénéficier des conseils de Stefan Everts?

JEREMY VAN HOREBEEK: “Rien ne change pour le team à part le fait que j’ai signé un contrat de cinq ans avec KTM. J’aurais peut-être un peu plus de matériel en provenance de chez KTM, suite à mes bons résultats de la saison dernière. Il s’agit seulement d’une étape vers la professionnalisation et ce n’est pas plus mal ainsi. KTM est à 200% derrière le team. Après le dernier GP à Lierop, Pit Beirer m’a dit que j’avais mieux roulé que prévu et qu’ils étaient très contents de moi. Avec Stefan, les choses commencent à se mettre en place. Stefan et Harry (Everts) souhaiteraient d’ailleurs que j’aille m’entraîner avec eux, en Espagne. C’est un objectif en soi, afin de pouvoir surpasser des pilotes d’usine comme Searle, Rattray et Goncalves. C’est un de mes objectifs.”

Outre le Championnat du Monde, à quels championnats nationaux participeras-tu? Au Championnat de Belgique ou au Championnat des Pays-Bas? Ou aux deux?

JEREMY VAN HOREBEEK: “J’apprécie ce que les organisateurs ont fait pour le Championnat de Belgique MX2. Ils font vraiment le maximum pour rendre ce championnat intéressant. En fait, je ne connais pas encore tout mon programme pour la saison prochaine, particulièrement en ce qui concerne le Championnat de Belgique. Maintenant que je sais que le championnat MX2 sera ouvert aux étrangers, il y aura sans doute plus de concurrence mais je me dis que si je m’aligne en MX1, je pourrai rouler avec des pilotes comme Ramon, Strijbos, De Dycker et Priem et, alors, tu es certain d’apprendre énormément.”

Dernière question. Quelles sont tes ambitions pour la saison prochaine?

JEREMY VAN HOREBEEK: “C’est encore un peu tôt pour le dire. J’en saurai plus à ce sujet après mon travail de préparation et notamment dans les semaines qui précéderont le premier GP, à Valkenswaard. J’ai un ou deux objectifs en tête mais je préfère décidément attendre avant de les dévoiler. Aujourd’hui, disons que je veux faire mieux que la saison dernière!”

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