Interview Yoann Hella | Un second titre pour confirmer

Decrease Font Size Increase Font Size Taille du texte Imprimer

Après être passé par diverses fédérations, Yoann Hella est présent à l’AMPL depuis bientôt 3 ans. Une première année pour apprendre, une seconde pour gagner, et enfin une troisième pour confirmer. Après un premier titre inter l’an passé, Yoann est en effet à nouveau en route vers un second titre et pourrait même signer le doublé MX1/MX2. Malgré cela, à vingt trois ans, le pilote Sneyers Racing est assez peu connu du grand public. Retraçons avec lui son parcours…

Yoann, à quel à¢ge as-tu commencé la moto ?

Yoann Hella: “A 6 ans. Mon père faisait du Karting et m’a offert ma première moto pour Saint-Nicolas. J’ai d’abord commencé à rouler dans un champ, puis ensuite j’ai commencé la compétition au FPCNA.”

As-tu obtenu directement de bons résultats ?

Yoann Hella: “Non, pas du tout! Au début, ce fut même laborieux. Mes parents étaient sur le point de me faire arrêter. De là est venu le déclic et les résultats ont suivi après cela.”

Ensuite, après le FPCNA ?

Yoann Hella: “A l’à¢ge de quatorze ans, j’ai poursuivi mon écolage à la FMPL en attendant patiemment mes quinze ans pour passer en catégorie adultes.”

Et là, les résultats ont été immédiatement excellents…

Yoann Hella: “Oui en effet, j’ai été champion Débutants FMPL et premier au championnat de Wallonie en 2000. L’année suivante, j’ai terminé deuxième en Juniors et à nouveau champion de Wallonie.”

Ensuite, passage en Inters 125, toujours à la FMPL.

Yoann Hella: “Oui, avec à la clef deux podium en 2002 et 2003.”

Tu décides ensuite de passer à la FMB.

Yoann Hella: “Oui, durant l’année 2003, je me suis rendu compte que je perdais un peu mon temps à la FMPL, d’où mon passage en 2004 à la FMB avec de suite le titre chez les Nationaux 125 et dans championnat JRT. L’année suivante, je suis monté en Inters 125 avec des pilotes comme Clément Desalle, Gilles Dejong,… avec comme résultat final une neuvième place.”

Puis en 2006, arrivée à l’AMPL. Pourquoi avoir pris la décision de changer de fédération à ce moment ?

Yoann Hella: “En Inters FMB, les courses sont peu nombreuses. L’envie de rouler m’a poussé à venir à l’AMPL. De plus, j’avais eu de bons échos de cette fédération, notamment concernant les terrains et les pilotes.”

Et les bons échos se sont confirmés ?

Yoann Hella: “Oui. Au niveau de l’organisation, c’est pas mal et les terrains sont vraiment top par rapport à d’autres fédérations. Concernant les pilotes, le niveau est très bon. C’est simplement dommage de ne pas en avoir plus aux avants-postes.”

Lors d’une récente interview, Steve Piret s’est dit contre le nouveau format proposé en Inters cette année. Quel est ton point de vue sur la question ?

Yoann Hella: “Personnellement, je préférais l’ancien système avec quatre manches. Ceci dit, nous avons la possibilité de rouler trois manches, ce qui n’est pas le cas dans toutes les fédérations.”

Tu penses pouvoir remporter le titre dans les trois catégories ?

Yoann Hella: “Je suis en tête de la catégorie MX2 et je compte le rester. En MX1, je suis deuxième, à quelques points d’Eric Hubin. Ca risque d’être chaud entre nous deux mais je vise également le titre. En Open, je n’ai pas eu beaucoup de chance depuis le début de la saison, avec notamment quelques chutes .Pour cette dernière, mon objectif reste le podium.”

En catégorie Open, je suppose que tu sélectionnes la moto par rapport au terrain ?

Yoann Hella: “Oui en effet, mais mon choix le plus fréquent reste la 450.”

En parlant de terrain, quel type de circuit aimes-tu le plus ?

Yoann Hella: “J’aime les terrains durs avec beaucoup d’ornières, très techniques et beaucoup de sauts.”

Un terrain AMPL à mettre en avant peut être ?

Yoann Hella: “Sans hésiter, Durler.”

Parlons des pilotes AMPL. Pour toi, quel est le plus coriace à doubler ?

Yoann Hella: “André Verkenne. L’expérience sans doute. Ce n’est pas toujours le plus rapide qui gagne!”

Tu as maintenant 23 ans. Rêves- tu encore de pouvoir évoluer à l’échelon supérieur ? Je pense notamment au MX3 voire en MXGP.

Yoann Hella: “Je pense que les meilleurs Inters AMPL peuvent viser une place dans les quinze premiers en MX3. Malheureusement, le budget pour pouvoir évoluer à ce niveau est énorme, notamment à cause du prix des engagements, sans compter les frais liés aux déplacements. De plus, je travaille comme électronicien et je ne peux pas me libérer à tout moment. Mais ce n’est pas l’envie qui m’en manque!”

Tu n’as pas l’espoir d’être repéré par un bon team ?

Yoann Hella: “Bien sà»r, l’espoir fait vivre !!!” (Rires)

Je vais te faire rêver. On te propose un contrat dans le meilleur Team européen pour évoluer en MXGP, et en même temps un petit Team privé US te propose un contrat pour évoluer aux States. Tu choisis quoi ?

Yoann Hella: “Les States. Notamment pour les terrains qui sont plus techniques et où il y a plus de sauts.”

On s’imagine que pour pouvoir évoluer à ton niveau, il faut un bon programme d’entraînement ?

Yoann Hella: “Bien sà»r, mais mon travail ne me permet pas toujours de le suivre correctement. J’essaie de courir deux à trois fois par semaine. Je fais également du vélo deux fois par semaine. Concernant le roulage, j’essaie de m’entraîner une fois tous les quinze jours pendant la saison.”

Et durant les mois d’hiver, tu t’entraines dans le Sud ?

Yoann Hella: “Malheureusement, mon travail ne me le permet pas. Par contre, je bosse au maximum le physique.”

Pilotes Inters AMPL, cela signifie déjà un très gros budget chaque saison. Te concernant, les sponsors se bousculent au portillon ou tu dois malgré tout te battre pour en obtenir ?

Yoann Hella: “Non, pour ma part, je dois encore me battre pour avoir quelque chose. Même si je reçois quelques offres chaque année. Comme vous le savez, le motocross est un sport qui demande beaucoup de sacrifices financiers. Deux motos, les pièces, les équipements,… Je tiens d’ailleurs à remercier Johnny Lemmens de JLR pour les équipements et la préparation de mes suspensions. Je remercie également Hans Sneyers pour ce qu’il a fait pour moi ces trois dernières années ainsi que ma famille et mes proches qui ont toujours été là pour me soutenir.”

Tu vas bientôt être papa. Crois-tu que cela va changer ta façon de voir les courses ? Notamment concernant la prise de risques?

Yoann Hella: “Non. Nous en avons parlé longuement avec ma copine. Ce qui me plait aussi dans la moto, c’est de me faire peur de temps en temps.” (Rires)

Malgré tout, on constate qu’il y a de plus en plus de blessures « graves » en motocross. A ton avis, à quoi est-ce dà» ?

Yoann Hella: “Je pense que cela va de plus en plus vite, mais beaucoup de pilotes ne sont pas assez entraînés pour ça. Cela m’arrive aussi de me prendre une grosse chute, comme à Durler cette année par exemple, mais il faut savoir calculer les risques.”

Un petit mot concernant Jérôme Job, pilote blessé assez gravement lors d’un entraînement ?

Yoann Hella: “Jérôme est un ami. Son cas est fortement lié à la malchance. Je lui souhaite de tout cÅ“ur le meilleur pour les années à venir!”

Texte & photos : Yannick Bernard – Bernardmx.be

Vos commentaires

Plus de motocross