Portrait Ludovic Brevers | Tout pour réussir

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Le rêve de tout jeune pilote évoluant en motocross est de pouvoir un jour rouler en Grands-Prix. Inutile de rappeler qu’il y a beaucoup d’appelés et très très peu d’élus. Plusieurs paramètres entrent en compte. Le talent intrinsèque du pilote, bien sà»r, mais également sa motivation, son entourage et la méthode de travail, entre autres… C’est seulement quand toutes ces conditions sont réunies que l’on peut dire si le pilote en question a une petite chance, un jour ou l’autre, d’arriver à atteindre son objectif ultime. Ludovic Brevers fait partie de cette minorité de pilotes. Son père, Laurent, est d’ailleurs bien connu dans le milieu des Grands-Prix, notamment pour avoir été pilote en mondial 500 à la fin des années 80 et, plus récemment, pour avoir été intégré aux teams Kawasaki GPKR et CLS dans lesquels il a eu notamment sous son aile des pilotes comme Greg Aranda ou Livia Lancelot, la championne du monde en titre.

Ludovic a déjà un palmarès que beaucoup lui envient: champion dans toutes les catégories d’à¢ge à l’AMPL, deuxième du dernier MX Master Kids derrière l’Américain Matt Burkeen et devant le champion de France Minivert Dan Houzet. On se souvient notamment, lors de la deuxième manche en finale du Master Kids, qu’il était revenu dans les roues du leader, le pilote américain Burkeen, en fin de course, après un départ moyen. D’ailleurs, il nous confie : «J’avais très bien roulé aux Master Kids. Mais mon plus beau souvenir est d’avoir été champion de printemps AMPL en 85cc A l’année dernière. Je ne m’y attendais pas vraiment.» Et on peut le comprendre. Ludo avait alors 11 ans et ses concurrents directs étaient plus à¢gés de trois ou quatre années!

En Juniors MX2 à l’AMPL

A son niveau, la suite logique aurait été de poursuivre l’aventure dans le championnat de France Minivert, qui est la référence européenne en terme de compétition pour jeunes pilotes. Pourtant, Ludovic ne suivra pas cette voie. C’est en effet à l’AMPL qu’il poursuivra son apprentissage. Non pas dans la catégorie des 85cc où il devrait logiquement évoluer, mais dans la catégorie des Juniors MX2.
Laurent nous explique : « Le choix de la 125 s’est fait tout naturellement. Nous en avons acheté une pour la préparation hivernale, et nous avons eu l’autorisation de rouler à l’AMPL avec cette moto. On laisse la 85cc de côté cette saison mais on la sortira éventuellement pour le MX Master Kids. »

On est en droit de sa poser la question: pourquoi évoluer en 125 à l’AMPL alors que Ludovic pourrait rouler en 85cc dans des championnats plus relevés ?
Laurent: « On peut encore beaucoup apprendre dans cette fédération. Je pense que plus tôt on passe en 125, et mieux c’est. Pour autant que le pilote ait le bagage technique pour passer dans cette cylindrée. Cela nous permet d’éviter de longs déplacements pour rouler dans des championnats étrangers ainsi que les frais liés à ceux-ci. Pour, finalement, ne pas nous apporter grand chose de plus que ce que l’on peut trouver à l’AMPL. Notre objectif est de rouler un maximum en 125 avec, pourquoi pas, suivant l’adaptation de Ludo à la catégorie et ses résultats, la possibilité de le faire monter dans les catégories supérieures afin de préparer au mieux son passage à la FMB chez les Espoirs d’ici deux ou trois ans. Mais ce n’est pas un but, c’est juste un programme que l’on s’est fixé et que l’on va essayer de suivre. »

Pour sa première apparition chez les Juniors à Saint-Léger, il y a 2 semaines à peine, le pilote Gepa n’a pas déçu. Un peu impressionné et sur la retenue lors des départs, Ludovic s’est ensuite là¢ché doucement pour faire de belles remontées. Ses réactions d’après course sont claires: «Ca roule beaucoup plus physique en Juniors qu’en 85. Plus de contacts, plus de difficultés à doubler. Ce sont des choses que je dois encore apprendre ». Il ne fait toutefois aucun doute que lorsque ce jeune pilote sera habitué à cette nouvelle catégorie, il sera redoutable.

Beaucoup d’appelés, peu d’élus

L’objectif à plus long terme est évidement d’essayer d’amener le jeune espoir vers les Grands-Prix. Mais, comme le rappelle encore Laurent: « Il y a beaucoup d’appelés et très peu d’élus. Ludovic a encore une belle marge de progression. Il lui manque encore de la combativité et il est encore trop stressé lors des départs. C’est mentalement qu’il doit faire le plus de progrès. Il doit également acquérir du caractère. Nous devons travailler là-dessus. N’oublions pas qu’il n’a encore que douze ans… »

En parlant de travail, on s’imagine ce que cela peut représenter en matière d’entraînement pour en arriver à un tel niveau. Ludo nous explique: « En saison, je roule une fois par semaine, rarement deux fois. Je cours également une fois par semaine et je fais une fois de la natation également.» Son père précise : «Nous avons beaucoup roulé quand il était plus jeune car il fallait partir sur de bonnes bases. Mais, depuis deux ans, nous roulons beaucoup moins. Par exemple, en hiver, nous roulons le week-end mais pas en semaine. Il ne faut pas qu’il y ait trop de contraintes pour lui. Cela doit rester un hobby. Le motocross est une chose, mais il n’y a pas que ça. Ludo suit également une scolarité normale. Je pense que l’on peut concilier études et motocross.”

Comme Laurent collaborait avec des teams de Grand-Prix, Ludo s’est également beaucoup entraîné avec des pilotes pro. Nous avons demandé à l’un d’entre eux de nous donner son avis. Grégory Aranda ne tarit pas d’éloges sur le jeune pilote: « Je pense qu’il a le meilleur entraîneur possible. Son père m’a également entraîné en 2007 et il m’a beaucoup apporté. Je lui dois beaucoup. Laurent sait ce qu’il faut faire pour que Ludo ne fasse pas d’erreurs dans ses choix. Il roule déjà très bien et il a une très bonne technique. Ce qui est étonnant pour un pilote belge, c’est quand il venait rouler chez moi dans le Sud de la France, en hiver, sur des terrains en béton et comportant beaucoup de sauts. Il n’avait aucun problème d’adaptation. »

Dans 8 ans, Ludovic aura 20 ans et Greg Aranda en aura 28. Il y aura alors une petite chance de les retrouver tous les deux, côte à côte, derrière la grille de départ d’un Grand-Prix. Avec, derrière eux, un entraîneur mais surtout un père, qui versera certainement une petite larme en pensant à tout le travail effectué pour en arriver là…

Texte & photos: Yannick Bernard – Bernardmx.be

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