À 34 ans, le champion du monde MXGP Romain Febvre (Kawasaki Racing Team) s’approche doucement de la fin de sa carrière. Sportivement, pourtant, rien ne le laisse transparaître. En 2025, le Français a engrangé une énorme dose de confiance et se sent plus fort que jamais.
Alors que ses principaux rivaux, Jeffrey Herlings et Tim Gajser, ont changé d’équipe, Febvre a fait le choix de la continuité en restant fidèle au team officiel Kawasaki. La collaboration fructueuse avec la structure dirigée par Kimi Räikkönen et Antti Pyrhönen entamera ainsi sa septième saison consécutive. Tous les ingrédients pour jouer à nouveau le titre mondial sont toujours réunis. Côté effectif, rien ne change non plus : Pauls Jonass en MXGP et Mathis Valin restent ses coéquipiers, comme l’an passé.
Pour 2026, seules quelques retouches ont été apportées à l’image de “RF3”. Le vétéran tricolore portera désormais les couleurs de Shot Race Gear, en remplacement de Just1. Son ambition reste intacte : devenir le pilote français le plus titré de l’histoire du championnat du monde de motocross.
Dans un intersaison marqué par de nombreux changements, la stabilité peut-elle être un atout majeur ?
Romain Febvre : « Physiquement, je me sens très bien et le team est solide. Cela fait maintenant six ans que je roule pour Kawasaki et je connais la moto sur le bout des doigts. Je travaille depuis longtemps avec les équipes de Kawasaki Japan, ce qui facilite énormément les choses. Quand un problème se présente, on trouve toujours une solution ensemble. Sur la moto, on peut travailler de manière très ciblée sur ce qui doit être ajusté ou mieux géré. »
Quand on est encore au sommet de sa forme à un âge plus avancé, il devient plus difficile de maîtriser son avenir. Comment abordes-tu cette période ?
Romain Febvre : « Je sais que le moment viendra où il faudra arrêter la compétition. Ce moment se rapproche forcément, c’est une évidence. Cette année, je vais tout donner une dernière fois. Ensuite, si je peux décrocher un contrat d’une seule saison, je le ferai avec plaisir. Cela me permettra de décider moi-même quand m’arrêter. Je n’ai plus envie de signer des contrats de deux ou trois ans, cela n’a plus vraiment de sens pour moi aujourd’hui. »
En quoi te considères-tu aujourd’hui comme un pilote plus complet qu’auparavant ?
Romain Febvre : « La régularité et la vitesse vont de pair, et ça s’acquiert surtout avec l’expérience. Tu sais sur quels Grands Prix tu peux gagner et sur lesquels ce sera plus compliqué. Quand tu sens que la victoire n’est pas possible ce week-end-là, tu assures une troisième, quatrième ou cinquième place. Les jeunes veulent toujours gagner, même quand ce n’est pas réaliste. Ils poussent trop et commettent des erreurs. En 2025, mes deux moins bons résultats ont été des cinquièmes places au général. Cela montre à quel point j’ai été constant, et c’est vraiment quelque chose dont je suis fier. »
En 2025, Romain Febvre s’est imposé à cinq reprises en Grand Prix et n’a quasiment jamais quitté le podium.
Sa préparation hivernale traditionnelle en Sardaigne touche désormais à sa fin, et le Français pourra peaufiner les derniers détails lors des courses de préparation. Fort de la sérénité mentale apportée par son deuxième titre mondial, le clan Kawasaki aborde la saison dans une position de force. Un avantage loin d’être négligeable sur la durée d’un championnat.
Face aux candidats au titre que sont Lucas Coenen, Jeffrey Herlings et Tim Gajser, les rookies MXGP Kay de Wolf, Thibault Benistant et Andrea Adamo auront également à cœur de se faire remarquer. Pour Febvre, tout ce qui arrivera en 2026 sera du bonus — et c’est précisément ce qui le rend particulièrement dangereux.












