Published On: 6 mars 2026

Cinq titres mondiaux, un palmarès XXL, et pourtant une page blanche. Tim Gajser entame ce week-end sa première saison sous les couleurs Yamaha.

Bariloche. Un nom qui sent le chocolat, la céramique et les paysages andins à couper le souffle. Mais depuis ce week-end, la ville patagonienne sent aussi l’huile de castor. Le championnat du monde MXGP 2026 s’y élance pour la première fois, sur un tout nouveau circuit au cœur du Parc National Nahuel Huapi — et avec lui, une nouvelle ère pour Tim Gajser.

Le Slovène de 29 ans a en effet franchi le pas cet hiver : après des années chez Honda, il a rejoint le Monster Energy Yamaha Factory MXGP Team pour ce qui s’annonce comme l’une des saisons les plus attendues de la décennie. Aux côtés de Maxime Renaux, il forme une paire que le team manager Hans Corvers résume sans détour : « Pour viser les grandes récompenses, il faut des gros calibres. Avec Maxime et Tim, nous en avons désormais deux. »

La préparation a été solide. Gajser a signé la victoire à Mantova lors des courses de pré-saison, et Yamaha aurait visiblement bien travaillé sur la machine durant l’hiver — les deux pilotes seraient pleinement satisfaits de la nouvelle YZ450FM. Mais l’Argentine, c’est une autre histoire. Une piste inédite, un environnement encore inconnu, et une première manche toujours particulière pour jauger les forces en présence.

Gajser lui-même aborde le week-end avec une lucidité désarmante :

« J’attends vraiment avec impatience le début de la saison. L’intersaison a été longue et chargée, alors je suis impatient de retrouver la compétition. Je ne sais pas exactement à quoi m’attendre de la piste, mais d’après ce que j’ai vu sur les réseaux, ça a l’air bien : rapide, avec de gros sauts. Ça me plaît.

Mon objectif pour ce premier GP, c’est d’apprendre un maximum. Évidemment, je veux faire un bon résultat, mais je dois rester réaliste. Tout le monde repart de zéro avec la faim au ventre, et moi je suis dans une nouvelle équipe, sur une nouvelle moto — il y a donc des inconnues. Je sais que ce sera un week-end d’apprentissage. Je ne veux pas me fixer d’attentes. Ce que je sais, c’est que si je roule comme je suis capable de le faire, je peux être devant. »

Une humilité de façade ? Peut-être. Car l’homme aux cinq couronnes mondiales n’est pas étranger à l’Argentine. Il y a déjà remporté plusieurs GP, et l’accueil du public sud-américain — passionné, bruyant, chaleureux — lui laisse visiblement de bons souvenirs. De quoi se sentir un peu chez soi, même sur une piste toute neuve.

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Du côté du team, les ambitions sont posées clairement mais sans excès. Corvers ne prononce pas le mot « titre » — les blessures ont trop souvent plombé les deux dernières saisons — mais il fixe un cap concret : un podium par Grand Prix, tout au long des 19 manches. « Ensuite, on verra jusqu’où ça nous mène. »

Dimanche soir, on en saura déjà un peu plus.

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