Published On: 27 février 2026

Ils n’ont que 19 ans, roulent pour Red Bull KTM et font déjà grincer bien des dents dans le paddock mondial. À l’occasion du media day belge, Lucas et Sacha Coenen ont pris le temps d’un échange détendu avec la presse, en visioconférence depuis Rome, où est basée leur équipe De Carli Racing.

Contrairement à Jago Geerts et Liam Everts, pas de passage par Lommel : les jumeaux ont répondu aux questions à distance. L’entretien débute par une rafale de questions courtes. Le football s’invite dans la discussion.

Qui va gagner la Ligue des champions cette année ?

Lucas : « La quoi ? »

Fou rire général. Problème de connexion… ou désintérêt total ? Difficile à dire. Place au motocross.

Le Mondial débute les 7 et 8 mars en Argentine. Où en est la préparation ?

Lucas :
« Pas mal. On a énormément testé la moto cet hiver, c’était la priorité. Il fallait bien comprendre ce dont on a besoin et affiner les réglages. Physiquement, on a aussi beaucoup travaillé, notamment à vélo. Les sensations sont bonnes. »

Sacha  :
« Je me suis cassé le bras en pleine préparation, mais j’ai finalement perdu seulement une semaine et demie de roulage. Dès que j’ai pu reprendre, j’ai attaqué fort. Je me sens bien et je pense être prêt pour l’Argentine. »

Le circuit argentin est nouveau cette année. Avantage ou inconvénient ?

Lucas :
« Un avantage. Sur une nouvelle piste, tout le monde est à égalité. Personne ne la connaît, donc personne n’a d’avance. C’est intéressant. »

Sacha :
« Tant qu’elle est agréable à rouler ! (rires) Mais les nouveaux circuits, c’est toujours excitant. »

Sacha, en fin de saison dernière tu étais clairement le plus rapide en MX2. Comment prolonger cette dynamique ?

Sacha :
« C’était bien, mais pas parfait. Justement, c’est pour ça que je veux franchir un cap cette année. On a utilisé l’hiver pour corriger certains détails, sur la moto et dans mon pilotage. On a trouvé des améliorations. Je pense qu’on peut très bien commencer la saison. »

Te considères-tu comme candidat au titre face au tenant du titre Simon Längenfelder et à Liam Everts ?
(Sourire.)
Sacha :
« Oui. Je vise le titre. C’est l’objectif. Point. »

Lucas, tu entames ta deuxième saison en MXGP. L’an dernier, tu es devenu vice-champion du monde derrière Romain Febvre dès ta première année. Les attentes sont plus élevées. Ça change quelque chose mentalement ?

Lucas :
« Non. Je vais aux courses pour faire mon travail. Les attentes des autres, je ne peux pas les contrôler. Je sais ce que je vaux. Si je donne le maximum, je suis satisfait. Et si ça suffit pour le titre, tant mieux. »

Le plateau MXGP n’a jamais été aussi relevé, avec huit champions du monde au départ. Intimidant ?

Lucas :
« Pas du tout. Je trouve ça positif. Avec autant de pilotes forts, une mauvaise manche compte moins. Si j’ai une bonne journée, je peux jouer devant. Si c’est plus compliqué, il faut être intelligent et marquer des points. Une quatrième place peut aussi être importante. Tout est une question d’ensemble. »

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Tu avais commencé la saison dernière en Argentine avec des blessures aux poignets. T’es-tu déjà demandé ce qui se serait passé sans ça ?

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Lucas :
« (rires) Non. Finalement, ça ne m’a pas vraiment handicapé. Aujourd’hui, je suis à 100 %. »

Ton passage rapide sur la 450 avait suscité des doutes. Tu étais sûr de ton choix ?

Lucas :
« Oui, depuis le début. J’avais dit à KTM que si je ne roulais pas en 450 en Mondial, je partirais en Amérique ! J’y croyais totalement. Lors des tests, on a tout réglé en détail et j’ai tout de suite senti que ça fonctionnait. Certains pensaient que c’était trop tôt. Je crois avoir prouvé le contraire. »

L’an dernier, il y a eu beaucoup d’agitation autour de vous. Comment restez-vous concentrés ?

Lucas :
« C’est simple : on ne s’en occupe pas. On se concentre sur la moto, l’équipe, la famille. Ce qui se passe en dehors de ce cercle ne nous influence pas. On ne parle pas de choses qu’on ne connaît pas. Ça ne nous a jamais perturbés. »

Sacha, vous avez longtemps roulé l’un contre l’autre. Le fait d’être désormais dans deux catégories différentes, c’est un soulagement ?

Sacha :
« C’est différent. À l’entraînement, Lucas est en 450 et moi en 250, donc on ne roule plus côte à côte comme avant. Mais on continue à se pousser. En course, il n’y a plus de comparaison directe. Cette confrontation me manque un peu, oui. »

Vous avez prolongé avec KTM. Y a-t-il un plan Amérique derrière ?

Lucas :
« Oui. L’objectif, c’est l’Amérique. Le Supercross. C’est clair. On verra quand exactement. »

Sacha :
« C’est le plan pour nous deux. D’abord réussir ici, ensuite partir aux États-Unis. »

Après le Motocross des Nations, vous êtes restés aux États-Unis pour rouler en supercross. Comment c’était ?

Lucas :
« Une vraie découverte. On sait que c’est grand, mais quand on y est et qu’on voit le public… on comprend vraiment. J’ai dû me retenir pour ne pas rester plus longtemps ! »

Sacha :
« (rires) C’est vrai. Ça donne envie. »

Cela signifie-t-il que vous intégrerez du supercross pendant la saison ?

Lucas :
« Non. Pendant la saison, on se concentre à 100 % sur le motocross. Le supercross, ce sera après le championnat. Sinon, on fait deux choses à moitié. »

On vous compare souvent aux frères Jett Lawrence et Hunter Lawrence. L’écart est important ?

Lucas :
« Pas tant que ça. Ils sont au sommet et ont plus d’expérience. Mais on peut toujours apprendre. »

L’avenir du Team Belgium au Motocross des Nations semble prometteur.

Lucas :
« Oui. On a montré qu’on n’était plus si loin. Si chacun franchit encore un cap, on pourra rejoindre les grandes nations, comme l’Australie aujourd’hui. Les battre, ce sera une autre histoire… »

Texte : Tom Jacobs | Photos : KTM