Published On: 10 mai 2026

Ken Roczen a décroché ce samedi son premier titre dans la catégorie reine du Supercross US. Un titre derrière lequel il court depuis pas moins de 12 ans. Au terme d’une course aussi éprouvante physiquement que mentalement, Ken Roczen est revenu sur une soirée où tout, selon lui, avait déjà été vécu bien avant la grille de départ. Entre émotion, gestion de course et lutte contre ses propres limites physiques, le pilote allemand a livré une réaction sans filtre en conférence de presse d’après course à Salt Lake City.

« J’ai envisagé ce moment toute l’année », explique le pilote Suzuki. « A la maison, je m’échappais des enfants quelques fois par jour pour m’entraîner, parce que j’avais besoin de le faire. J’avais tellement imaginé ça que je ressentais déjà tout avant même ce soir. Quand tu vis ça comme ça, tu crois que tu es prêt, mais ça ne veut pas dire que ça va se passer comme ça. Et pourtant ça m’a rendu encore plus confiant. Même dans la journée aujourd’hui, il y a eu des moments forts avec ma famille. On était dans cette pression, dans cette ambiance, et c’était très spécial. »

« Une fois que j’ai pris un bon départ en finale, je savais que je devais être intelligent », poursuit Roczen. « Dès que j’ai passé Hunter, je me suis dit qu’il fallait trouver le bon rythme car il pouvait revenir à tout moment. Les whoops n’étaient pas mon point fort aujourd’hui et cette section de sable… ce n’était même pas vraiment du sable, c’était juste chaotique… mais il fallait rester propre. L’idée était de ne pas trop attaquer, de ne pas me cramer, parce que je savais que je n’avais pas forcément le gap pour tuer la course. Donc j’essayais d’être rapide mais détendu, méthodique, et ça a payé. »

« La foule, l’énergie pendant la course… c’était comme si chaque tour pouvait être le dernier. »

« Après, j’ai commencé à avoir un mal de tête énorme, et je ne pouvais plus respirer correctement. J’essayais de contrôler ma respiration, mais je pense que j’en ai trop fait, pas assez respiré, et ça m’a complètement mis dedans. À ce moment-là, ça devenait compliqué physiquement, et il restait encore quelques tours. C’est pour ça que j’ai levé un peu le pied à la fin, parce que je savais que je ne pouvais pas aller jusqu’au bout comme ça. »

« Mais au final, ce n’est pas juste une course. Il y a tellement de choses derrière ces dernières années, le travail mental, le travail physique, les blessures, tout ce qu’il a fallu encaisser pour revenir à ce niveau. Je ne suis plus dans le même état d’esprit qu’avant, j’ai appris à gérer ce que j’ai le jour J. Même quand je gagne, je ne me réveille pas ensuite en super-héros. Il faut composer avec ça, et c’est ce qui rend tout ça spécial aujourd’hui. »

« Et l’ambiance… je n’ai jamais ressenti quelque chose comme ça. La foule, l’énergie pendant la course… c’était comme si chaque tour pouvait être le dernier. À la fin, entendre les fans comme ça, c’était irréel. Personne ne peut me prendre ça. »

Ken Roczen n’avait plus remporté de titre en Supercross US depuis 2013, année durant laquelle il s’était imposé sur la côté ouest en 250cc, terminant la saison avec 2 points d’avance sur Eli Tomac.