À trois mois du départ, l’organisation du Dakar 2027 prépare plusieurs scénarios face aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient. A.S.O privilégie toujours une épreuve en Arabie saoudite, avec un parcours remanié et recentré sur le nord du pays. Mais une solution de repli au Maroc serait également à l’étude, sous la forme d’un rallye raccourci baptisé « Rally Merzouga by Dakar ».
Les rumeurs autour d’une éventuelle délocalisation du Dakar ont pris de l’ampleur ces dernières semaines, sur fond d’escalade militaire au Moyen-Orient. Le conflit, déclenché en février par les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran, s’est progressivement étendu à la région, impliquant également l’Arabie saoudite. Les récentes attaques visant notamment Riyad renforcent les interrogations sur les conditions de sécurité de la prochaine édition.
Malgré ce contexte, l’organisateur A.S.O continue de privilégier un départ en Arabie saoudite en janvier 2027. En coulisses, cependant, plusieurs options sont étudiées afin de garantir la tenue de l’épreuve.
Plan A : un Dakar recentré sur le nord de l’Arabie saoudite
Le scénario privilégié consiste à maintenir le rallye dans son pays hôte habituel, mais avec un parcours profondément remanié pour limiter les risques. La caravane évoluerait exclusivement dans le nord de l’Arabie saoudite, à distance de la frontière yéménite et des principales zones de tension.
Certaines régions jugées sensibles, notamment autour du port de Yanbu, seraient écartées. L’organisation chercherait également à réduire les déplacements entre les bivouacs et à renforcer la sécurité des équipes et des médias.
L’objectif serait de conserver une distance de spéciales proche de celle initialement prévue, tout en adaptant l’itinéraire aux impératifs de sécurité. Un tel scénario nécessiterait toutefois de nouvelles autorisations et une réorganisation logistique importante.
Plan B : un rallye au Maroc sous un autre nom
Si la situation devait rendre le maintien en Arabie saoudite impossible, A.S.O envisagerait une solution alternative au Maroc. L’épreuve prendrait alors le nom de « Rally Merzouga by Dakar » et se déroulerait sur huit étapes, contre quinze initialement prévues pour le Dakar.
Ce format plus court serait moins lourd à mettre en place, tant sur le plan logistique que financier. Le changement de nom pourrait notamment s’expliquer par les accords contractuels liant l’organisation à l’Arabie saoudite, qui compliqueraient le transfert de l’épreuve officielle dans un autre pays.
Le Maroc présenterait plusieurs avantages : un terrain familier pour les rallyes-raids, des infrastructures adaptées et la possibilité de préserver une compétition majeure au calendrier de janvier. Les équipes pourraient ainsi limiter les conséquences sportives et financières d’une éventuelle délocalisation.
Les constructeurs et les assureurs auront leur mot à dire
La décision ne dépendra toutefois pas uniquement d’A.S.O. Les grands constructeurs, notamment Toyota et KTM, ainsi que les compagnies d’assurance, pèseront lourd dans la balance.
Les équipes officielles pourraient hésiter à engager leurs pilotes et leur matériel dans une région considérée comme à risque. De leur côté, les structures privées doivent s’assurer que leurs véhicules, leurs équipements et leurs déplacements restent couverts. Même si les autorités saoudiennes autorisent la tenue du rallye, le retrait de plusieurs acteurs majeurs pourrait remettre en cause le scénario initial.
L’organisation aurait par ailleurs prévu des solutions pour les frais déjà engagés par les concurrents, avec des possibilités de remboursement ou de report en cas de changement de programme.
L’Africa Eco Race, une autre option pour les équipes
Dans ce climat d’incertitude, certaines équipes auraient déjà choisi de s’orienter vers l’Africa Eco Race. Cette épreuve emprunte des pistes du Maroc, de la Mauritanie et du Sénégal, dans la tradition des anciens parcours du Dakar africain.
Le calendrier pourrait alors réserver une situation particulière au Maroc. Le Dakar 2027 est programmé du 1er au 15 janvier. En cas de repli sur le territoire marocain, il pourrait précéder de peu l’Africa Eco Race, annoncée du 24 janvier au 6 février, avec un départ à Tanger et une arrivée au Lac Rose, au Sénégal.
Les deux rallyes se retrouveraient ainsi très proches dans le calendrier, avec des conséquences potentielles pour les équipes, les prestataires et les infrastructures locales.
Une décision attendue avant l’expédition du matériel
A.S.O doit trancher suffisamment tôt pour permettre aux concurrents de préparer leurs véhicules et leur logistique. Une décision définitive sur le lieu et le format de l’épreuve est attendue au plus tard à la fin du mois de novembre, avant l’expédition du matériel depuis Barcelone.
Les prochaines semaines seront donc déterminantes. À ce stade, l’Arabie saoudite reste le scénario privilégié, mais l’hypothèse marocaine témoigne de la prudence de l’organisation face à une situation géopolitique particulièrement instable.


